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COUSSEMAKER EDMOND DE Charles, Edmond, Henri dit Edmond de (1805 - 1876)

Enquête menée dans les années 1840-1850 en Flandre maritime (Nord, anciennes circonscriptions de Dunkerque et de Hazebrouck, actuelle circonscription de Dunkerque, jusque dans le Pas de Calais – Saint-Omer). Des correspondants lui envoient des chansons recueillies en Belgique (Furnes essentiellement). Il publie aussi, de manière anecdotique, une chanson recueillie en Allemagne et une aux Pays-Bas.
A fourni des chansons à l'enquête Fortoul, ainsi qu'à Jan Frans Willems, qui en a inclus quelques-unes dans Oude Vlaemsche liederen, Gand, 1848.
Juge au tribunal de Lille, musicien, musicologue et archéologue. Publie de nombreux travaux sur la poésie et la musique au moyen âge. (Carreau complété par nous.)

Mentionné par Van Gennep, sans commentaire.
Coirault le mentionne à propos de la non-spécialisation des premiers collecteurs : « A ses débuts le folklore de la chanson a été une tâche accessoire à des antiquaires peu ou point différenciés [spécialisés]) : (...) Les Chants populaires des Flamands de France (1856) étaient œuvre d'un grand historien de notre musique médiévale, de COUSSEMAKER.(...). » (Notre Chanson Folklorique, p. 308, n. 5.)
Guilcher rappelle que Coussemaker se réfère explicitement au décret de 1852 qui lance l'enquête dite Fortoul (La chanson folklorique de langue française : la notion et son histoire, p. 55-56). Il le cite en exemple du fait que « Tous les collecteurs, sans exception, observent que les chants tenus par eux comme " vraiment populaires " ont en commun d'être connus par tradition orale » (idem, p. 67-69). Il mentionne qu'il est, comme d'autres, « partisan de la théorie qui, en opposition à la théorie romantique, attribue la création des chansons populaires à des individus "encore indéterminés, comme noyés dans la masse populaire (Coirault)" » (Idem, p. 75).
Guilcher note d'autre part que Coussemaker apporte des informations non négligeables quant aux rondes (Rondes, branles, caroles, Bibliographie. Chansons et danses traditionnelles. Études et collectes, Du branle chanté à la ronde-jeu, et Dans les milieux populaires et notamment ruraux), qu'il constate, entre 1850 et 1870, la prise en charge par les enfants d'un répertoire de rondes dont les adultes ne veulent plus (Idem, Sur la fin des rondes), qu'il émet l'hypothèse – difficile à prouver - d'une origine ancienne – médiévale – du répertoire proprement enfantin, fondée sur quelques exemples qui ne permettent pas sa généralisation, et enfin qu'il montre le rôle de l'école dans le remplacement des rondes en langue vernaculaire par le répertoire enfantin du jeu chanté en langue française sous influence des recueils imprimés (Celnart, Dumersan, Chabreul, Martinon, Verrimst, Weckerlin, etc.) (Idem, Du branle chanté à la ronde-jeu. Le répertoire des enfants).

Publications et travaux concernant ou contenant des chansons ou de la musique traditionnelles :

Poésies populaires de la France. [Réponses à l'enquête objet du décret du 13 sept. 1852 en vue de la constitution d'un Recueil des poésies populaires de la France.] Bibliothèque nationale, fonds fr. Nos 3338-3343. Non encore consulté par nous.
Commentaire Guilcher : sur l'influence possible des sources écrites (Celnart, Dumersan) dans l'émergence tardive d'un répertoire proprement enfantin dans des milieux pénétrés d'influences parisiennes. 2 rondes en français - BNF, Manuscrits nouvelles acquisitions 3341, f° 396. (Rondes, branles, caroles.)

Chants populaires des Flamands de France recueillis et publiés avec les mélodies originales, une traduction française et des notes. Gand, Gyselinck, 1856, gr. in-8°, 420 p., ill.
Réédition (non anastatique, malgré ce que dit Van Gennep) : Lille, Annales du comité flamand de France, t. XXXVII, 1930, 441 p. (édition consultée par nous).
Rééditions anastatiques : Hidelsheim, New York, éd. Georg Olms, éd. anastatique de l'éd. originale, 1971 (non consultée par nous).
Kemmel, Steenvoorde, Malegijs, 1976 (non consultée par nous) et, 5e édition, 1987 (consultée par nous).
Contient 170 mélodies.
Nous avons utilisé l'édition de 1856 qui est consultable sur
archive.org

Remarques
- Chants populaires des Flamands de France
Ni Van Gennep ni Coirault ne commentent cet ouvrage, peut-être parce qu'il n'appartient pas au domaine linguistique français : Coirault ne donne de numéro d'inventaire qu'à 6 chansons, pourtant en flamand (et aucun aux deux chansons en français que contient l'ouvrage, dont l'une est pourtant aisément identifiable – l'attribution de son numéro d'inventaire étant de notre fait, nous l'indiquons entre parenthèses et sous couvert de vérification).
Coussemaker délimite clairement le territoire par lui exploré : les arrondissements de Dunkerque et Hazebrouck (actuellement l'arrondissement de Dunkerque), soit « 210 000 âmes » (p. V), exploration qu'il a poussée jusque vers Saint-Omer, qu'il ne cite que pour une chanson. La mention des lieux de collecte est parfois très précise (Bailleul, Dunkerque, etc.), parfois très floue : toute la Flandre, arrondissements de Dunkerque et d'Hazebrouck, etc. Quand il ne mentionne rien, nous donnons, entre parenthèses, ces deux arrondissements.
Il ne mentionne qu'exceptionnellement la période pendant laquelle il a collecté (il laisse entendre quatre fois vers 1840, une fois avant 1848 et une autre avant 1854, ce qui laisse penser qu'il a collecté entre 1840 et 1856).
Ses informateurs ne sont jamais nommés. Il y a, parfois, l'indication très vague d'un informateur individuel (« une personne du peuple », « une personne de Steenvoorde »), souvent plutôt collectif (« diverses personnes », « les dentelières », « les marins », voire « la bouche du peuple »). Il dit d'ailleurs qu'une même chanson peut avoir plusieurs informateurs (p. XV), ce qui laisse à penser qu'il a dû établir un texte et une mélodie types. Notons qu'il ne semble pas avoir corrigé ces mélodies du point de vue de leur mode, ce sur quoi il insiste dans son introduction, et plusieurs fois dans le corps de son texte.
La plupart des chansons ont été recueillies « sous la dictée verbale » (p. V), mais quelques-unes proviennent de feuilles volantes, et qui pourtant relèvent de la « popularité traditionnelle » à ses yeux (ce serait même un indice de leur popularité). Mais ce ne sont qu'exceptions. A sa propre collecte s'ajoutent les envois de correspondants : M. Dedrye, curé de Craywyck, M. Dequidt, instituteur à Caestre, M. Ricour, professeur au lycée de Douai et surtout M. Ronse, bibliothécaire à Furnes (Belgique) qui lui envoie au moins 6 chansons, ainsi que M. Jacobs, « professeur de langue allemande au collège de Dunkerque », et M. Alberdyngk, qui lui envoient chacun une chanson, l'un d'Allemagne, l'autre de Hollande. Il remercie aussi l'abbé Carmel, son « compatriote », et M. Van Duyze, de Gand, pour des services qu'il ne précise pas.
Certains des Noëls qu'il publie viennent d'un petit volume (Annales du comité flamand de France, 1854), ou de manuscrits conservés (alors) au couvent des Sœurs Noires ou à l'école dominicale de St Vaast, à Bailleul.

Comme nous l'avons noté plus haut, la réédition de 1930 n'est pas anastatique, contrairement à ce que dit Van Gennep : la pagination diffère, et une coquille dans la numérotation en chiffres romains est corrigée. Quelques sondages aléatoires ne nous ont pas révélé de différence, mais nous n'avons pas fait la comparaison de manière systématique. Nous indiquons, en renseignements complémentaires, ses numéros de page, qui diffèrent assez rapidement de ceux de l'édition de 1854 qui nous a servi de référence, puisqu'elle est consultable sur internet. En revanche, la réédition de 1987 par Albert Boone, à la préface et à la disparition des illustrations près, est un reprint fidèle.

Les mélodies ont été saisies par Christophe Toussaint et publiées, sous des formats différents des nôtres, sur son site http://epinettes.fr/, à la page http://epinette.free.fr/repertoire.php.
Elles ont été revues et, pour quelques rares cas, corrigées par nous. Nous le remercions de nous avoir généreusement donné accès à son travail.

Attention : Coussemaker corrige 4 mélodies, dans son errata p. 408, corrections auxquelles nous avons obéi. Pour un air, il y a une ambiguïté de notation : nous proposons les deux possibilités d'interprétation. Nous avons rarement dû corriger la notation de Coussemaker (uniquement pour des durées), ce que nous indiquons à chaque fois (dans les fichiers myr).

 

 

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