auteur

GUéRAUD ARMAND (1824 - 1861)

EN COURS D'INSTALLATION


 

Enquête entre 1856 et 1861 en Haute-Bretagne (Loire-Atlantique) et Bas-Poitou (Vendée).


Libraire imprimeur à Nantes à partir de 1853. Son œuvre, le Recueil de chants populaires du Comté Nantais et du Bas-Poitou, est restée inédite de son vivant et longtemps après son décès. Sa nièce lègue en 1898 l'ensemble de ses manuscrits à la Bibliothèque de Nantes. Ces manuscrits font l'objet d'une thèse de 3e cycle, soutenue en 1983, puis, en 1995, d'une édition critique par Joseph Le Floc'h.
(Le Floc'h)


Publications concernant ou contenant des chansons ou de la musique traditionnelles (y compris celles qui ont la collecte de Guéraud pour objet) :


Dossiers manuscrits. Ms 2217 à 2224, bibliothèque municipale de Nantes. Ouvrage non consulté.


Commentaire Van Gennep : « chansons recueillies vers 1850 dans le Pays de Nantes en Bas-Poitou (sic). Dossiers manuscrits ; Bibliothèque municipale de Nantes ». Mentionné sans numéro.
Mentionné sans commentaire dans le Répertoire de Coirault (sigle : GuéraudBP).
Non mentionné par Guilcher.


Gautier, Emile (18..-1...), Étude sur les chants populaires en français et en patois de la Bretagne et du Poitou, recueillis et annotés par Armand Guéraud ; couronnée en 1858 par la Société académique. Nantes : Impr. de Vve C. Mellinet, 1859. In-8°. Ouvrage non consulté.


Non mentionné par Van Gennep, Coirault, Guilcher.


Le Floc'h, Joseph (19..), Les recueils de chants populaires d'Armand Guéraud. T. I : Étude critique. T. II : Catalogue. Université de Paris-Sorbonne. Doctorat de 3e cycle, (s.l.), [1983]. 2 volumes en 4 fascicules in-4°, dactyl. Ouvrage non consulté.


Non répertorié par Van Gennep.
Mentionné sans commentaire, mais avec indication de la présence de musique, dans le Répertoire de Coirault (sigle : Le Floc'hR).
Commentaire Guilcher : Non mentionné dans la Bibliographie. Chapitre Branles chantés de tradition populaire. Témoignage sur la possibilité qu'un texte grave, voire sombre, ait pu aussi naturellement que des récits enjoués être chanté dans le cercle de la danse (à propos de l'emploi comme ronde d'une chanson que Le Floc'h, dans son mémoire, mentionne, ce qui disparaît dans la publication du recueil En Bretagne et Poitou). (Guilcher, Rondes, branles, caroles, le chant dans la danse.)


Le Floc'h, Joseph (19..), En Bretagne et Poitou ; chants populaires du comté nantais et du Bas-Poitou recueillis entre 1856 et 1861, par Armand Guéraud ; édition critique. Saint-Jouin-de-Milly, FAMDT, 1995, 2 volumes (622 p. numérotées en continu). Contient 241 mélodies dont 13 mélodies reprises ultérieurement dans Bujeaud, 1 timbre identifié, plus 2 timbres non identifiés.


Non répertorié par Van Gennep.
Mentionné sans commentaire dans le Répertoire de Coirault (sigle : GuéraudBP).
Commentaire Guilcher : le même que pour l'ouvrage précédent.


Remarques


Nota : tous les éléments qui suivent sont issus de l'étude de Joseph Le Floc'h. Les citations simplement marquées de guillemets sont de ce dernier. Celles qui, en outre, sont en italiques, sont de Guéraud (citées par Le Floc'h). Les quelques remarques faites ci-dessous ne sauraient résumer le très riche appareil critique fourni par Le Floc'h dans sa présentation du corpus et des conditions de la collecte de Guéraud (p. 5 à 76), et en remplacer la lecture.


Entamée tôt par rapport à l'établissement d'une démarche scientifique (qui sera bientôt appelée folklore), le projet de Guéraud prend deux directions différentes, cherchant à réunir deux répertoires différents, « distincts par leur genèse et souvent par leur présentation et leur fonction » (p. 24), l'un de facture savante, corpus de textes localement caractérisés, « chants historiques » « concernant les pays de l'Ouest » français, l'autre, « fruit d'un art essentiellement mobile et variant », «véhiculé par les habitants de l'Ouest », qui correspond à ce qui sera appelé le « répertoire folklorique » (p. 21 et suivantes).
C'est ce dernier répertoire qui fait l'objet de la publication de Joseph Le Flo'ch qui, dans la masse des documents assemblés dans les manuscrits de Guéraud, « vise à faire connaître le répertoire folklorique » (p. 40).
Les manuscrits de Guéraud sont regroupés en deux ensembles :
- Un Recueil de chants populaires du Comté nantais et du Bas-Poitou, (B. M. de Nantes, ms 2217 à 2219), réalisé entre 1856 et 1861, et
- des Documents appelés à remanier le recueil, (B. M. de Nantes, ms 2220 à 2224).
Pas moins de 1500 pièces composent cette collection et, « à ne retenir que les seules chansons qui, progressivement, seront reconnues et définies comme folkloriques, la somme est déjà fort estimable » : « plus de quatre cent cinquante chansons-types, et de nombreuses variantes » (p. 6-7).


Les sources
Comme beaucoup d'autres collecteurs, Guéraud indique avoir puisé les chants qu'il rassemble « dans des ouvrages imprimés, dans des manuscrits anciens, et surtout dans la tradition orale » (p. 26). Le Floc'h nous apprend que, de fait, c'est bien l'enquête de terrain qui prime parmi ces sources, hormis pour les chants religieux et historiques.


Un travail collectif, un champ d'enquête élargi
Cette enquête est un travail collectif, que Guéraud dirige, donnant des conseils avisés d'un point de vue ethnographique (p. 28). Dans un premier temps il fait appel à ses amitiés, puis il élargit le champ géographique couvert en faisant appel à la collaboration de gens plus compétents. Le Floc'h a « dénombré quelque deux mille huit cents lettres qui lui ont été adressées et qui sont conservées » (p. 52), et liste 68 « intermédiaires » (p. 55), ce qui est très considérable. Et encore ce nombre n'inclut-il pas ceux qui ont fourni les pièces recopiées d'après les manuscrits et imprimés.
On trouvera dans Le Floc'h un aperçu détaillé et cartographié de l'élargissement géographique de la zone d'enquête, depuis le milieu des proches de Guéraud et un territoire circonscrit au pays nantais et aux marches de Bretagne et Poitou (Loire-Atlantique et Vendée), jusqu'à s'étendre, de plus en plus loin, à la Bretagne gallèse : Rennes, Saint-Brieuc (Ille-et-Vilaine, Côtes-d'Armor) et au Haut-Poitou : Poitiers, Châtellerault (Vienne), jusqu'en Saintonge (Saint-Jean-d'Angely, Charente-Maritime), et en Normandie (Alençon, Orne).
Parmi ces « intermédiaires », comme dit Le Floc'h, certains ont laissé un nom parmi les anciens collecteurs de la chanson traditionnelle, avant ou après leur collaboration. Avant de les nommer tous, citons particulièrement :
- Jérôme Bujeaud (1834-1880), qui publiera Chants et chansons populaires des provinces de l'Ouest : Poitou, Saintonge, Aunis et Angoumois, de 1863 à 1866.
- Claude Pavec (1809-1...), qui publiera Chants populaires de la Haute-Bretagne recueillis par un Guérandais de 1809, habitant Savenay depuis 50 ans, 1884 (sans musique).
- Augustin Ménard (1797-1882), secrétaire de la Société des Antiquaires de l'Ouest en 1854, qui envoie des chants en réponse à l'enquête Fortoul en 1857 (selon Gérard Carreau).
- Charles Loyer (1820-1...), qui laisse un manuscrit qui sera en partie publié par Fernand Guériff, Le trésor des chansons populaires folkloriques recueillies au Pays de Guérande, T. I (selon Gérard Carreau).
- Enfin, le H. Berger, de Châtellerault, qui envoie des chansons à Guéraud, a peut-être aussi fait des envois en réponse à l'enquête Fortoul (l'initiale du prénom de correspond pas à celle donnée par Carreau).


La localisation et les enquêteurs
- L'enquête propre de Guéraud, commencée sans doute avant 1856, par contact direct lors de son enfance, est localisée autour de Nantes : Vieillevigne, son lieu de naissance, Haute-Goulaine, La Charlière et, sans doute, Bouguenais (toutes communes situées en Loire-Atlantique). A ces communes citées par Le Floc'h dans son analyse, nous pouvons peut-être ajouter, au vu des indications fournies dans le corps du livre, Machecoul, Saint-Sébastien, Sainte-Marie et, en Vendée, Beauvoir et Saint-Etienne-du-Bois.
-Les enquêtes de ses intermédiaires :
Nous ne citons ici que les enquêteurs ayant fourni des chansons munies de leur mélodie. Le nombre de mélodies en gras est celui indiqué par Le Floc'h, celui entre parenthèses correspond à ce que nous avons trouvé dans la publication. Les différences peuvent s'expliquer par le fait que le Floc'h n'a pas tout publié, ou qu'il a regroupé, dans sa liste, sous un seul nom de lieu, des chansons recueillies en différents endroits (contrairement à nous), ou encore, ce que nous n'espérons pas, par des erreurs de notre part ! Il faut garder en mémoire son commentaire : « La source exacte des chansons est parfois difficile sinon impossible à établir, du fait des faibles renseignements donnés par Guéraud et ses intermédiaires. Environ un texte sur cinq ne donne aucune mention d'origine. Plusieurs sont associés à un nom, celui du collecteur, sans aucune précision sur les lieux d'enquête » (p. 33).
Les lieux indiqués peuvent ne pas être les lieux de collecte, mais les lieux de résidence des collecteurs. Les arrondissements indiqués sont ceux d'avant le redécoupage de 2017. Enfin, la liste ci-dessous étant présentée par ordre géographique, un même collecteur peut être cité plusieurs fois.
Loire-Atlantique :
Arrondissement de Châteaubriant :
M. de Florestan, Fay, 1 (1).
- M. Martineau, Casson, 0 (1).
Arrondissement de Nantes :
- M V. Allain, Vieillevigne, 0 (1).
- M. J. Audrain, Vieillevigne, 6 (5).
- M. Limousin, Boussay, 2 (0).
- Mme Françoise et Mlle Gabrielle de La Nicollière, Machecoul, 17 (9).
- Mlle Elisa Morin, Nantes, 0 (3).
- M. J. Bonsergent, Nantes, 0 (1).
- M. Boquet, Nantes, 1 (0).
- Mme Brethé, Nantes, 8 (6).
- M. de Florestan, Nantes, 1 (1).
- M. Claude Pavec, Saint-Etienne-de-Montluc, 0 (1).
- M. Ménard, Bouguenais, 0 (1).
Arrondissement de Saint-Nazaire
- M. Fesnay, Bourgneuf-en-Retz, 0 (1).
- M. Macé, Fresnay, 1 (1).
- L'abbé Charles Loyer, Guérande, 0 (2).
- Claude Pavec, Guérande, 0 (4).
- L'abbé Charles Loyer, Pontchâteau, 19 (12).
- M. Bellanger, Pornic, 34 (33).
- L'abbé Jourdain, Savenay, 0 (1).
- Claude Pavec, Savenay, 22 (15).
Vendée
Arrondissement de Fontenay-le-Comte
- Clémentine Poey d'Avant, Fontenay-Le-Comte, 8 (7).
- Fortuné Parenteau (et Mme ?), Pouzauges, 5 (5).
- Jérôme Bujeaud, Sainte-Hermine, 16 (11).
Arrondissement de La Roche-sur-Yon
- Jérôme Bujeaud, Chantonnay, 0 (1).
- Charles Dugast-Matifeux, Montaigu, 7 (8).
- L'abbé Jourdain, Les Landes-Genusson, 13 (9).
- M. Gustin, Tiffauges, 0 (1).
- M. Douaud, Aizenay, 1 (1).
- M. Desnhoues, Saint-Fulgent, 0 (1).
Arrondissement des Sables-d'Olonne
- M. Grolleau, Saint-Gervais, 1 (1).
- M. Renaud, Les Sables-d'Olonne, 16 (6).
- L'abbé Roy, 16 (0).
Vienne
- P. H. Berger, Châtellerault, 12 (11).
- M. Bonsergent, Chauvigny, Lussac ou Montmorillon (environs de), 1 (1).
- M. Ménard, Poitiers, 15 (11).
Ille-et-Vilaine
- M. Orieux, Redon, 16 (0).
- M. Ducrest de Villeneuve, Rennes, 1 (1).
- M. de Florestan, Faël, 1 (1).
Côtes-d'Armor
M. Marres, Saint-Brieuc, 0 (1).
Charente-Maritime
- Jérôme Bujeaud, Saint-Jean-d'Angély, 0 (1).
Enfin, « il reste un corpus d'environ vingt mélodies et trois cent vingt-quatre textes dénués de mention d'origine » (p. 57).
Orne
- Léon de La Sicotière, Alençon, 0 (2)


Les informateurs
Sachant que la localisation est parfois absente, et souvent défectueuse, on ne sera pas étonné d'apprendre que « les informateurs sont exceptionnellement nommés ». Pour Guéraud, « la seule mention de tradition orale semble suffisante, et dispense de citer les noms de lieux, et pratiquement toujours les noms de personnes » (p. 51).


Les textes
« A plusieurs reprises, Guéraud insiste sur la fidélité de ses copies, qu'elles proviennent de sources écrites ou orales. Ses scrupules sont confirmés par plusieurs collaborateurs : stricte reproduction des manuscrits, transcription des leçons orales basées sur la prononciation avec, éventuellement, une citation des variantes. Une telle attitude n'est pas si fréquente à l'époque et mérite d'être soulignée. La collecte personnelle de Guéraud attire plutôt la confiance et il ne peut être suspecté d'une refonte générale de ses textes. » (p. 32).
Quant à ses nombreux collaborateurs, il faudrait pouvoir analyser les possibilités que leurs textes aient fait, ou non, l'objet de retouches, voire de réfection. Le Floc'h en cite quelques exemples.


Les mélodies
En ce qui concerne sa collecte personnelle, Guéraud dit « regretter ici de n'être pas musicien et de n'avoir pu recueillir dans nos excursions si répétées depuis trois ans, tous ces airs délicieux, qui ont charmé notre oreille » (p. 53). Qui note la musique ? « Son épouse Christine, pianiste, mais aussi d'autres personnes », indique Le Floc'h, qui commente : « Il est donc vain de chercher une quelconque homogénéité qui permettrait une étude critique commune de leurs notations » (p. 53).
On peut élargir ce commentaire à l'ensemble des très nombreux intermédiaires qui ont fourni les autres mélodies.

Recueil