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MEYRAC ALBERT (1848 (BNF) ou 1847 (Wikipédia) - 1922)

EN COURS D'INSTALLATION


Enquête entre 1883 (ou 1887) et 1890 en Champagne (dans les Ardennes).


Journaliste, rédacteur en chef du Petit ardennais. Originaire des Landes, fait ses études à Bordeaux, y commence sa carrière de journaliste. Publie des ouvrages scolaires. Est nommé rédacteur en chef du Petit ardennais en 1883, et fait œuvre de folkloriste dans les Ardennes : Traditions, coutumes, légendes et contes des Ardennes (1890, avec préface de Paul Sébillot), Contes du pays d'Ardennes (1892), La forêt des Ardennes (légendes, coutumes, souvenirs) (1896), Villes et villages des Ardennes, histoire, légende des lieux-dits et souvenirs de l'année terrible (1898), avant de se consacrer à l'écriture d'ouvrages d'Histoire vue sous un angle anecdotique.
(BNF, Wikipédia, complété par nous).


Publications concernant ou contenant des chansons ou de la musique traditionnelles :


- Traditions, coutumes, légendes et contes des Ardennes comparés avec les traditions, légendes et contes de divers pays. Charleville, impr. du Petit Ardennais, 1890, in-4°, XII-592 p. Contient 97 mélodies.
Consultable sur archive.org 


Commentaire Van Gennep (n° 699) :
En général : l'une de nos meilleures monographies, du moins dans les limites fixées par l'auteur.
Pour les chansons : recueil important constitué : 1° par des chansons inédites, 2° des extraits et comparaisons empruntés à Tarbé, 3° une liste critique des textes champenois des manuscrits de la Bibl. nationale.
Pour les danses : p. 107-110 (ronde, fouettage, branle et olivette ; aucune description précise des pas ni des figures).

Commentaire Coirault (sigle : Meyrac) :
Plus de cent chansons, en général folkloriques (102 airs notés à la fin). Indique ses sources p. 219. A n'utiliser qu'avec prudence. La notation musicale (revue par Tiersot) est fréquemment insuffisante. Une partie en provient de Nozot, inspecteur primaire correspondant du Comité officiel de 1853, qui paraît avoir été un collecteur sincère des paroles et un noteur au-dessous du médiocre. Quant aux textes verbaux provenant du Romancero de Champagne [n° 4822], puis pourvus d'un air, ils sont suspects d'arrangements de la part de Tarbé (Notre Chanson Folklorique, bibliographie).)


Commentaire Guilcher :
- Contient la relation manuscrite d'un témoin oculaire d'une fête de village en 1827 qui atteste de la présence d'une contredanse qui n'est apparue à Paris que depuis quelques années (ms de Bruges-Lemaître) (La contredanse. Un tournant dans l’histoire de la danse française , chapitre La contredanse et les milieux ruraux).
- Sur la diffusion précoce (fin XVIII-début XIXe siècles) des contredanses (p. 101 et suivantes). (Danse traditionnelle et anciens milieux ruraux français. Tradition, histoire, société, chapitre L'essor des danses sociales à figures.
- A propos de l'adaptation en milieu rural ou au contraire du maintien de paroles à tournure précieuse d'une ronde d'origine savante (Je suis envoyé de Cythère) (p.117). Cité à titre d'exemple de formation de rondes de manière autonome par les milieux ruraux à partir de fragments de chansons (p. 124). Cité à titre d'exemple de ronde-jeu obéissant à d'autres ressorts devenue en fin de carrière ronde à baisers (p. 125). Cité, à propos de la naissance de rondes amalgamant des pièces à l'origine distinctes, comme exemple de maintien de formes attestées au début du XIXe par Celart et autres, ou au contraire, plus tardivement, de formes augmentées, notamment de formes à baisers. (p. 125). (Rondes, branles, caroles, le chant dans la danse, Du branle chanté à la ronde-jeu. Dans les milieux populaires et notamment ruraux). Dans le même ouvrage, Guilcher mentionne Meyrac dans trois annexes : annexe 9 Qui marierons-nous ? Cité à propos de cette chanson de danse-jeu (p. 118), annexe 15 Nous étions trois jeunes filles. Cité à propos de la longue carrière de cette ronde (p. 239, 240), et annexe 23 Rondes à retournement. Cité à propos de ce type de ronde-jeu (p. 120 et 539).


Remarques


Les sources
Meyrac indique trois sources à la partie Chansons et rondes de son recueil.
Deux sources écrites :
-Le Romancero de Champagne, de Prosper Tarbé (1809-1871), Reims, impr. de P. Dubois, 1863-1864. 5 volumes, sans musique.
-Le manuscrit des Poésies populaires de la France, déposé à la BNF, constitué d'une partie des « Réponses à l'enquête objet du décret du 13 sept. 1852 en vue de la constitution d'un Recueil des poésies populaires de la France », l'enquête dite Fortoul, du nom du ministre de l'Instruction publique et des cultes de Napoléon III.
Et l'enquête de terrain, menée « soit directement par nous », soit « par des correspondants sûrs qui se sont mis avec tant de bienveillance à notre disposition » (p. 219). De ces collaborateurs, il ne mentionne, dans le corps du texte, que, 3 fois, Bruge-Lemaître (1813-1901, vannier et historien autodidacte, dessinateur ayant publié de nombreuses images de « moeurs » des Ardennes, notamment sous la forme de cartes postales, et auteur d'ouvrages sur l'histoire et le folklore d'Attigny) et l'instituteur de Bazancy, 1 fois.
Si ces trois sources sont clairement mentionnées, leur utilisation dans la confection du recueil l'est nettement moins. Meyrac consacre tout un intéressant appendice (deux chapitres) à la partie de son livre traitant des chansons et rondes, au relevé des chansons ayant été recueillies dans les Ardennes contenues dans Le Romancero de Champagne et dans le manuscrit des Poésies populaires de la France, en indiquant titres, incipit, présence de musique (dans le cas des Poésies populaires, le Romancero en étant dépourvu) et lieu de collecte. Mais pour aucune des chansons qu'il publie il ne précise de laquelle de ces trois sources il la tient.
Tout ce que l'on sait est qu'il n'a utilisé les chansons du Romancero que quand il en a trouvé la mélodie (« Nous n'avons pris dans ce Romancero que les chants ou chansons dont il nous a été possible de nous procurer la musique : ce qui leur donnait un caractère inédit » - ce qui conduit à s'interroger sur sa conception des chansons traditionnelles : pense-t-il que le texte fourni par Tarbé dans le Romancéro est définitif, et qu'il suffisait d'y ajouter une mélodie, ou a-t-il idée de ce que sont version, variante et variation ?) Pour déterminer ce qu'il tient du Romancero, il faudrait donc comparer texte après texte les deux ouvrages, tâche que nous n'avons pas eu le temps de mener.
Plus long et plus difficile encore serait le travail de comparaison avec les Poésies populaires, dont il dit : « Ce manuscrit, datant de 1852, est un recueil des plus précieux. Il contient, en effet, un grand nombre de chansons traditionnelles dont le souvenir s'est aujourd'hui perdu. Nous en avons, pour notre Livre III : Chansons ardennaises, reproduit quelques-unes choisies parmi les plus intéressantes. » Mais lesquelles ?
Après comparaison des incipits cités par Meyrac dans son annexe avec ceux des chansons qu'il publie, en cas de concordance nous avons indiqué « X » comme collecteur pour les paroles et « avant 1863 » pour la date de collecte quand il était possible que le texte vienne du Romancéro, ou bien « Un correspondant de l'enquête Fortoul ? » et « dans les années 1850 » quand il était possible que la source fût les Poésies populaires. Et, pour tout le reste, « Meyrac ou un de ses correspondants » (sauf quand ce correspondant était nommé) et « avant 1890 ». Tout cela bien sûr étant mentionné par hypothèse, sous couvert de vérification.


La période de l'enquête de terrain : celle-ci semble courte, voire très courte : l'enquête a au maximum duré 8 ans, entre l'arrivée de Meyrac en 1883 dans les Ardennes et la date de publication du livre. Mais il est peu probable qu'il ait commencé son enquête de terrain dès son arrivée. De plus, Meyrac dit, à la page X de sa préface datée de 1890, que « : Pendant ces trois dernières années (…) ce volume a été l’objet de mes constantes préoccupations (…) » : parle-t-il uniquement de la confection du livre, ou ses années d'enquête sont-elles incluses dans ce laps de temps ?


La localisation
Nous indiquons ce que Meyrac dit. Pour les chansons apparemment issues des réponses à l’enquête Fortoul, nous mettons entre parenthèses le lieu nommé dans l'annexe quand il diffère de celui indiqué dans le corps du texte.
En ce qui concerne les chansons et rondes munies de mélodies, les lieux de collecte mentionnés se répartissent comme suit (leur somme est supérieure au nombre de mélodies, plusieurs lieux ayant pu être mentionnés pour une seule d'entre elles) :
- 17 mentions des Ardennes sans plus de précision ;
- 2 de la vallée de la Meuse (qui traverse tout le nord-est du département) ;
- 1 est non localisable : le « Pays de Villers » : il y a 8 Villers dans les Ardennes.
Pour le reste, on peut distinguer deux grandes zones :
Le croissant nord nord-est du département :
- 19 mentions des anciens cantons de Carignan, Mouzon et Sedan,
- 19 de celui de Charleville,
- 18 de ceux de Nouzonville, Monthermé, Rocroi, Fumay et Givet.
Le sud du département :
- 20 mentions de l'ancien canton d'Attigny, 7 de celui de Rethel et 1 des cantons de Tourteron, Vouziers et Monthois.
Enfin, on trouve pour le nord-ouest du département, 3 mentions du canton de Rumigny et 2 de celui de Signy-l'Abbaye.


Les textes des chansons et rondes
En ce qui concerne leur « sincérité », comme dit Coirault : son « A n'utiliser qu'avec prudence » s'impose d'autorité.
Quelques incipits notés sous la partition s'écartent (légèrement) de celui indiqué dans le corps du texte. Il fallait choisir, nous avons pris le parti (sauf erreur de notre part) de citer celui de la mélodie, pensant qu'il était plus à même d'y correspondre. Ce qui ne s'est pas toujours avéré – la correspondance entre les notes et les syllabes laissant parfois à désirer.


Les mélodies
L'ouvrage comprend, en fin de volume (p. 529-581), 97 mélodies, et non 102 comme le laisse penser le n° de la dernière, que reprend Coirault. En effet, certaines mélodies manquent aux pages contenant les partitions, bien qu'indiquées dans le corps du texte (les n° III, VIII, IX, XXI, XXI bis, et XXIV). La n° LXXIX manque également, mais il y a deux n° LXXX.
Comme le remarque Coirault, malgré la mention que les partitions ont été révisées par Tiersot, elles ne sont pas sans contenir quelques erreurs. Pour les plus évidentes d'entre elles (erreurs portant sur des durées au sein d'une mesure par ailleurs semblable à une autre mesure), nous les avons corrigées. Pour d'autres, nous les avons notées telles quelles, puis nous proposons à la suite une correction. Toutes nos corrections et propositions sont signalées.
Puisque les textes et leurs mélodies ne figurent pas en regard, nous avons pensé qu'il serait plus commode à l'usager de notre base de données d'utiliser non pas, comme habituellement, le n° de la page où figure une mélodie pour fabriquer son sigle, mais plutôt le n° de la partition (retranscrit en chiffres arabes).


Sigle : Meyrac n° de la mélodie.

Recueil