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DELZANGLES FERNAND (1871 - 1944)

EN COURS D'INSTALLATION


Enquête dans les années 1910-1930 en Auvergne (Cantal).


Écrivain, poète, dramaturge, folkloriste, officier pendant la Grande Guerre, né à Tournemire (Cantal). Occupe ses loisirs à étudier le folklore de son pays. C'est son épouse, Marie Merle (nous n'avons pas trouvé de renseignements biographiques à son sujet), désignée par son nom d'épouse, Mme Delzangles, qui note la musique des quelques airs publiés.
(BNF, Carreau, complété par nous).


Publications concernant ou contenant des chansons ou de la musique traditionnelles :


- Chants populaires d'Auvergne. Aurillac, Impr. Terrisse, 1910, in-8°, 136 p. Contient 6 mélodies.
Consultable sur Gallica
Commentaire Van Gennep (n° 4742) : « avec commentaires ; musique. »
Mentionné sans commentaire par Coirault (sigle : DelzanglesF).


- La danse : son utilité, sa rénovation. Paris, J. Camber, 1914. 224 p. Sans musique.
Ouvrage de vulgarisation, qui n'est pas dénué d'affirmations hasardeuses et autres assertions non fondées (notamment et évidemment sur l'origine gauloise de la bourrée), cité ici pour mémoire, à cause de son titre.
Non mentionné par Van Gennep, Coirault ou Guilcher.


Danses et chansons de danse d'Auvergne, airs notés par Mme F. Delzangles ; musique de sept chansons par J. Prulière. Aurillac, Impr. Poirier-Bottreau, 1931, in-8°, 191 p. Contient 20 mélodies, dont 7 compositions de Jules Prulière.
Commentaire Van Gennep (n° 5270). Pour les chansons : « chansons déjà connues pour la plupart ; Cantal, canton de Saint-Cernin, cf p. 43 ; Saint-Flour, cf p. 83 ». Pour les instruments populaires de musique : « p. 174-186 (cabrette). » Pour les danses populaires : « quelques descriptions précises ; p. 110-141, bourrée, montagnarde, goignade ou gaillarde ; 156-163, branles d'Auvergne ; 163-168, berlet. Plusieurs bourrées ont été composées par l'auteur... »
Non mentionné par Coirault.
Commentaires Guilcher :
Dans La contredanse. Un tournant dans l’histoire de la danse française. Chapitre La contredanse et les milieux ruraux : Témoigne du branle sous deux formes, masculine et mixte (p. 16, et 156 à 169). Sur l'influence de la contredanse sur l'ancien branle. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, parfois plus tôt, bien des danses paysannes ainsi modernisées n'avaient plus du branle que le nom. L'apport du cotillon est reconnaissable dans diverses variétés de branles à noms locaux : dans le berlet auvergnat.
Dans L'Aubrac : étude ethnologique, linguistique, agronomique et économique d'un établissement humain. Chapitre 2, Le répertoire. Sur « l'origine » celtique et guerrière de la bourrée. Chapitre 3, Voisins du Nord et du Sud. Description de bourrées qui attestent de l'influence du cotillon (p. 128).
Dans Rondes, branles, caroles, le chant dans la danse. Chapitre Du branle chanté à la ronde-jeu. Sur les évolutions que Delzangles signale à propos du berlet, qui ont pu naître au contact de la contredanse (p. 164). Laisse penser par la rareté de leurs exemples recueillis ou mentionnés que les pays de bourrée ont résisté à la propagation des rondes (jeux) nouvelles d'origine parisienne (p. 164).
Dans Danse traditionnelle et anciens milieux ruraux français. Introduction, p. 8 note 1 : Pense que les danses régionales ont une origine gauloise, affirmation dénuée de preuve ou de critique des sources. Chapitre L'essor des danses sociales à figures, p. 101. Sur les emprunts à la contredanse (p. 163-169). Chapitre Farandoles. Danses longues. p. 147-149. Sur les limites (franchies) entre danse longue et jeu (p. 156-159).


Remarques


Delzangles ne donne aucune indication sur ses informateurs. Il ne date pas sa collecte. Le seul renseignement qu'il donne, par deux fois (dans les Chants et dans les Danses) concerne la zone géographique :
« La plupart des chansons patoises recueillies dans cet ouvrage sont écrites suivant la phonétique, la prononciation locale des environs d’Aurillac, du canton de Saint-Cernin » (Chants, p. 13), et « Toutes les chansons de danse que je publie dans cet ouvrage je les ai entendu chanter dans le Cantal, la plupart dans le canton de Saint-Cernin » (Danses, p. 43). « La plupart » : on ne saura pas lesquelles n'ont pas été recueillies dans ce canton, à part les chansons de danse communiquées (mais publiées sans musique) en 1911 par Pierre Raynal, rédacteur au Courrier d'Auvergne, apparemment recueillies à Saint-Flour (Danses, p. 83 -87).
Ce qu'il dit sur la collecte de la musique peut laisser penser que son épouse l'a accompagné dans ses collectes : « Mme Delzangles a noté l'air de quelques-unes de ces chansons, en respectant scrupuleusement leur rythme, leur ligne mélodique, sans chercher à les embellir, en s'abstenant de toute interprétation personnelle qui fausse le sens mélodique. Ce n'est pas aussi facile qu'on le supposerait de noter l'air exact de ces petites chansons populaires. Il faut les entendre chanter plusieurs fois, par des chanteurs différents, pour bien saisir leur mélodie et leur rythme, écarter les irrégularités morphologiques, les informations défectueuses introduites par la maladresse des chanteurs » (Danses, p. 43-44). On peut donc supposer que Mme Delzangles a dû « les entendre chanter plusieurs fois ». Mais on peut plus certainement assurer que Delzangles n'a guère idée de l'importance de la variation dans le répertoire traditionnel.
Coirault ne fait aucun commentaire sur les publications de Delzangles, qu'il aurait pu ranger parmi ceux dont les « poésies [textes verbaux recueillis] sont veuves de presque tous les airs » (Notre chanson folklorique, p. 199, n. 2) : pour 171 textes de Chansons de danse, selon le décompte de la table des matières, il n’y a que 20 mélodies, dont 7 sont des compositions de Jules Prulière sur des paroles de Delzangle. De même, pour la cinquantaine de chansons publiées en 1910, dans Chants..., on ne compte que 6 mélodies.
Guilcher accorde un peu de crédit à certains propos de Delzangles sur la danse (voir plus haut).
On ne peut s'empêcher cependant de penser que tout est sujet à caution chez cet auteur, qui ne s'arrête pas seulement à la prétendue origine celtique et guerrière de la bourrée. Dans les
Chants, lui qui travaille essentiellement sur les textes, et particulièrement sur les textes en patois, il déclare sans ciller : « Le patois d'Auvergne est probablement l'un des dialectes celtiques qu'on parlait en Gaule à l'époque de la conquête romaine et dont parle César dans ses Commentaires. »(...) » (p. 7 : c'est la première phrase de la Préface). Et plus loin, au cas où on n'aurait vu que figure de style dans ce propos : « Les différents dialectes de la langue d'Oc – provençal, limousin, etc. - (excepté le basque et le patois d'Auvergne) dérivent de la langue romane ou latin vulgaire mélangé de celtique et de tudesque, qu'on parlait en Gaule après l'invasion romaine. Le dialecte d'Auvergne, comme le breton et le basque, ne dérive pas du roman » (p. 8).
Faire fi des travaux, largement antérieurs, des romanistes (et parmi ceux-ci de Dauzat sur le patois de basse-Auvergne) relève d'une ignorance qu'aucun « amateurisme » ne saurait justifier.

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