LAMAZOU PASCAL (1816 - 1878)
EN COURS D'INSTALLATION
Enquête ( ?) dans les années 1860-1870 dans les Pyrénées, en Béarn, Pays basque, et dans le Roussillon (ou, en limite, dans la Guyenne).
Professeur et chanteur, principalement sur les scènes parisiennes. Fait ses études musicales au conservatoire de Paris. A travers sa principale œuvre, 50 chants pyrénéens..., ses publications musicales issues de ce recueil et son édition de Noëls, il fait plus œuvre d'éditeur de musique et de compilateur que de collecteur.
(BNF, Carreau, complété par nous).
Publications concernant ou contenant des chansons ou de la musique traditionnelles :
- 50 chants pyrénéens : 36 airs béarnais, 12 airs basques, 2 airs des Pyrénées orientales, avec traduction française. 1ère édition : Paris [et al] : chez Pascal Lamazou, [1869]. Contient 50 mélodies.
Consultable sur Rosalis, la bibliothèque numérique patrimoniale de Toulouse.
- Idem, 2e édition : Paris [et al] : chez Pascal Lamazou, [1869]. Note BNF : « Cette édition comprend 10 nouvelles mélodies remplaçant 10 mélodies de la 1ère édition. En tête de l'ouvrage un dessin de Gustave Doré ». Contient 50 mélodies. Nous n'avons pu consulter cette édition.
- Idem, 3e édition : Paris [et al] : chez Pascal Lamazou, 1877. Note BNF : « Cette édition contient en plus des chants figurant dans la 2e édition la mélodie suivante : "Ah! malayo la bugado". » Contient 50 mélodies, dont, par rapport à la 1ère édition (nous n'avons pu consulter la 2e) 24 sont strictement identiques, 12 contiennent des modifications insignifiantes, 3 des modifications importantes, 1 chanson déjà publiée mais avec une autre mélodie, et 10 nouvelles mélodies.
Consultable sur Gallica
Commentaire Van Gennep : Musique avec accompagnement ; partiellement folklorique.
Répertorié sans commentaires par Coirault (sigle : LamazouC). Coirault, dans le Répertoire, utilise la 3e édition. Il ne cite que deux chansons.
Remarques
On ne sait rien des conditions de la collecte, ni s'il y a eu véritablement collecte, même si Lamazou, vraisemblablement pris dans un mouvement de mode, le laisse entendre dans la dernière édition.
Dans la 1ère, il attribue les chansons qu'il publie à un certain nombre d'auteurs, sans que, le plus souvent, on sache précisément s'il s'agit des auteurs des textes seulement, ou aussi des compositeurs, d'autant plus qu'il utilise 48 fois le mot « Air » (« Air béarnais », « Air basque » ou « Air des Pyrénées Orientales ») de manière générique, sans que l'on sache assurément s'il parle de la chanson ou de la mélodie. Ainsi, attribuant deux chansons à Gaston Phoébus, il dit, la première fois, « Chanson béarnaise de Gaston Phoebus » et, la seconde, « Air béarnais de Gaston Phoébus ». Il ne distingue auteur et compositeur que 4 fois sur 50 (Belzunce et Garat, 1 fois, et Despourrins et Jéliote (sic pour Jélyotte), 3 fois).
Pour les chansons béarnaises, 2 sont attribuées à Gaston Phébus (1331-1391), 2 à Mesplès (1687-?), 1 à Mesplès (selon la partition) ou à Despourrins (selon la table des matières), 18 à Despourrins (1698-1759), dont 3 à Jélyotte (1713-1797) pour la musique, 1 à l'archiprêtre Henri d'Andichon (1712-1777), 2 à Lesca (1730-1807), 2 à Paul Jérémie de Bitaubé (1732-1808), 1 à Hourcastrémé (1742-1815 ?) et 1 à J. Hatoulet (1799-1868).
Pour les « Airs basques », 3 sont attribués à Belzunce (?-?), 1 à Garat (Pierre-Jean, 1762-1823), et 1 à Belzunce (paroles) et Garat (musique).
Par manque de temps, nous n'avons pas vérifié la véracité de ces 34 attributions de paternité, mais on peut conclure de cette liste que l'ouvrage de Lamazou est celui d'un compilateur.
Le plus pertinent, en ce qui concerne notre domaine d'intérêt, est le reste : 6 airs béarnais (dont 1 cantique, et 1 « Saut basque » avec paroles en Béarnais), 8 « airs basques » et les 2 « airs des Pyrénées orientales » sont dits d'« Auteur inconnu ». Serait-ce là l'indication que Lamazou a bien, selon les mots du préfacier P. Lacome, « recueilli » « la vieille chanson populaire » (ou du moins ces quelques chansons) pour « la région Pyrénéenne » ?
En 1877, dans la 3e édition, quelque chose a changé. Si, peu ou prou (en tenant compte de la présence de 10 chansons qui en ont remplacé autant), on retrouve ces noms d'auteurs, tous les titres sont dorénavant accompagnés de la mention « Recueilli par Pascal Lamazou ». Précision rectificative, repentir, effet de mode, ou simple précaution pour défendre d'éventuels droits de propriété ? (La mention« Les accompagnements et Arrangements sont la Propriété de PASCAL LAMAZOU pour tous Pays », figure cependant en page de couverture dès la première édition).
Notons, à propos des accompagnements de piano, qu'ils ont été sollicités par Lamazou auprès de célébrités du monde musical académique : sur les 18 auteurs des accompagnements (dont Charles Gounod, Jean-Baptiste Weckerlin, Jules Massenet, ou encore Marmontel), on compte au moins 5 membres de l'Institut, et 6 autres professeurs au Conservatoire de Paris, signe peut-être d'une recherche de légitimité.
La répartition géographique de ce corpus est indiquée dans le titre (la proportion reste la même d'une édition à l'autre) : « 36 airs béarnais, 12 airs basques, 2 airs des Pyrénées orientales ». Pour ces deux derniers, notons une différence entre titre, table des matières et corps du texte d'une part, et la préface de l'autre, qui, à propos de la langue, parle d' « Ariégeois » – les paroles sont plutôt du Catalan (en graphie non normalisée) que du Gascon.
Van Gennep disait que ce recueil est « partiellement folklorique ». En ce qui concerne les paroles, pour la 3e édition, la seule qu'il a utilisée, Coirault n'attribue de n° de chanson-type (et ne considère donc les paroles comme relevant de la chanson traditionnelle) qu'à deux textes : n° 29, p. 58, Lou berdurè, et n° 31, p. 62 Hilletto de la l'aÿguetto - pour cette dernière, Coirault – ou Delarue – note : « Lamazou indique Pierre Jélyotte comme auteur de la musique et Despourrins comme auteur du texte. Bien qu'à l'article Jélyotte de la MGG, t. VI, cette chanson figure dans la liste de celles de cet auteur, elle pourrait n'être qu'un arrangement par Jélyotte d'une chanson de tradition orale. »
2 chansons sur 50 : cela fait bien peu.
Mais qu'en est-il des mélodies ? Si certaines sont manifestement des compositions relativement récentes, nombreuses sont celles qui, à l'oreille, « sonnent » comme des mélodies traditionnelles. Airs véritablement recueillis auprès de chanteurs traditionnels ? Ou mélodies des 17 et 18e siècles, de même facture que les timbres ayant servi dans le fonds musical traditionnel mais n'ayant jamais folklorisé (au sens où l'entend Coirault) ? Une étude poussée permettrait sans doute de pouvoir trancher.
Nota : Pour l’édition de 1869 : une seule des deux chansons répertoriées par Coirault y figure. Nous indiquons « Non répertoriée », et non pas « Sans numéro », les chansons figurant dans cette édition et non reprises en 1877.
Recueils
- 50 chants pyrénéens : 36 airs béarnais, 12 airs basques, 2 airs des Pyrénées orientales, avec traduction française (1ère édition) (1869)
50 mélodies
EN COURS D'INSTALLATION Consultable sur Rosalis Sigles : Lamazou 1869 + n° de page - 50 chants pyrénéens : 36 airs béarnais, 12 airs basques, 2 airs des Pyrénées orientales, avec traduction française (3e édition) (1877)
50 mélodies
EN COURS D'INSTALLATION Consultable sur Gallica Sigles : Lamazou 1877+n° de la page







