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Philippe Ancelin & Pierre Fey

« L’oreille de lièvre
Violons d’Auvergne et du Limousin »
CD Digipack. Livret 8 pages.

15,00
Liste des plages
1) Le Juif Errant / Bourrée à Pouget
2) La ribote / Taito
3) Arthur
4) Bourrées à Mouret
5) Bela Maria
6) En descendant la place / Scottish-valse à Chabrier / La fille du fermier
7) Develhatz vos pastorels
8) Trois mineurs / Mariton / Marguerite
9) Campagnarde
10) La Poncha / C'est une fille / Bourrée du Tacot
11) Madeleine
12) Polka piquée
13) Pastourel
14) Bourrées à Chabrier
15) Les conscrits
16) Scottishs
17) Marche à Péchadre / Ma maire
18) Marche à Peyrat
Ref. AEPEM 12/08

Philippe Ancelin, violon, Pierre Fey, violon, chant.

CD Digipack. Livret 8 pages. Indications des sources et des paroles.
Tous titres traditionnels : Auvergne, Limousin.

Durée 42'32

Deux violoneux, amoureux des musiques traditionnelles d’Auvergne et du Limousin, très respectueux de leurs sources. Un bonheur.


Revue de presse et témoignages
Un très bel album à placer d'office entre toutes les oreilles
Philippe Ancelin et Pierre Fey livrent ici un superbe album dans lequel leurs violons se conjuguent jusqu'à parfois se fondre, produisant ainsi des textures d'une épaisseur insoupçonnée. La matière sonore est tellement riche et complexe qu'on a parfois, comme à l'écoute d'un bon joueur de sarandji indien (au hasard Ram Narayan), l'illusion de voix humaines. Une trentaine d'airs de chants et de danses (bourrées, polkas, scottishs, mazurkas...), pour deux tiers provenant du Limousin, sont agencés au sein des dix-huit titres de l'album. Certains sont très connus, comme Le Taitou, La fille du fermier ou Les bourrées à Chabrier, les deux compères ayant pour cela puisé dans les répertoires de Léon Peyrat, Louis Jarraud, Antonin Chabrier, Julien Chastagnol, Michel Péchadre ou... Marie-Jeanne Besseyrat. Un très bel album à placer d'office entre toutes les oreilles.
François Saddi, Trad. Magazine, mai-juin 2013.

Emerveillés, ils nous émerveillent à leur tour
L'Auvergne et le Limousin, à deux violons qui installent des rythmes du tonnerre. Philippe Ancelin (violon, alto) et Pierre Fey (violon, alto, chant) se sont plongés dans les enregistrements de collectage. Emerveillés, ils nous émerveillent à leur tour en administrant une preuve éclatante (une de plus) que la musique traditionnelle n'a nul besoin d'influences modernes pour être bien vivante. Ça virevolte, ça bourdonne, ça sautille mais sait aussi être nostalgique, comme dans la valse « Les conscrits », toute en douceur avec ses pizzicati et ses murmures. Un brin de folie apparaît ci et là, donnant un accompagnement presque rock à une polka piquée. Plusieurs bourrées sont bien sûr présentes, en compagnie de marches, de scottishs, de valses, de polkas, d'une mazurka et de plusieurs « chansons » dont la plupart sont interprétées de façon purement instrumentale. C'est un peu frustrant, car Pierre Fey nous satisfait pleinement dans les deux seuls airs qu'il chante. Enfin, relevons que les deux compères rendent particulièrement hommage à Léon Peyrat, un magnifique violoniste et chanteur.
Marc Bauduin, Le Canard Folk, février 2013.

Un style tout à la fois très proche de celui des enregistrements de collectage mais répondant également aux exigences d'une écoute actuelle.
L'actualité de notre petite monde des musiques traditionnelles n'est pas régulière et uniforme : certains instruments ont de temps à autre une actualité plus riche, tandis que d'autres se font temporairement plus discrets. Il ne faudrait pas y voir des phénomènes de mode comme il en existe dans des domaines proches, mais bien plutôt le hasard des calendriers et parfois tout de même, le résultat d'une volonté (je pense notamment à la vitalité actuelle de la boha impulsée par l'association des bohaires de Gasconha). Le cas du violon d'Auvergne et régions proches me semble davantage relever des hasards du calendrier qui nous a gratifié en un an de la sortie des albums sur les violons du Cézalier, de Lamzé (Clémence Cognet), Muzikadansé (Jac Lavergne), Tres (Basile Brémaud), duo Roche-Breugnot (François Breugnot) et des deux duos dont il est ici question (j'en oublie sans doute d'autres, qu'ils veuillent bien m'en excuser). Il est d'ailleurs intéressant de constater que les violonistes cités appartiennent aux diverses générations du revival : des pionniers de la redécouverte du violon corrézien avec Olivier Durif et Jean-Pierre Champeval à la nouvelle génération qui est quasiment née dedans et qui a bénéficié de cet apprentissage précoce, en passant par cette génération intermédiaire, celle qui n'a pas forcément eu la position la plus facile, arrivée trop tard pour faire partie de la première fournée et trop tôt pour oser la bousculer. Philippe Ancelin fait partie de cette dernière catégorie et nous montre comment un musicien qui a essentiellement bénéficié des collectages de ses précurseurs a pu s'approprier très finement le style des violoneux du Massif central. Et c'est d'ailleurs l'un des aspects de cet album qui me touche le plus : ce style tout à la fois très proche de celui des enregistrements de collectage mais répondant également aux exigences d'une écoute actuelle. Nul ne pourra douter, après écoute, qu'il existe bien un véritable style de violon Auvergne-Limousin qui n'a rien à envier à d'autres styles de violons traditionnels bien plus connus et reconnus. De plus la qualité de la prise de son permet d'analyser les composantes qui donnent cette couleur si particulière. Naturellement, un style musical n'est jamais monolithique, bien au contraire. Il s'agit toujours d'un simple centre de gravité autour duquel se positionnent de manière plus ou moins distants les styles personnels des différents interprètes. Et c'est là que la comparaison avec le duo Durif-Champeval est intéressante puisque si ces derniers ont eu les mêmes modèles (qu'ils ont, eux, bien davantage côtoyés), le son des deux albums est légèrement différent : celui du duo Ancelin-Fey un peu plus en retenue, tandis qu'Olivier et Jean-Pierre dégagent une énergie impressionnante qui conduit souvent à douter qu'ils ne soient que deux à manier l'archet (d'autant que c'est souvent sur les retours à l'unisson que cette énergie est la plus sensible). (...)
Avec tout cela je ne vous ai pas dit un mot de Pierre Fey, le complice de Philippe Ancelin, tout simplement parce que je ne le connaissais pas avant cet album et que le livret ne m'en dit pas davantage. Heureusement internet (merci l'AMTA...) m'apprend qu'il est titulaire d'un DEM et enseigne le violon traditionnel dans la Haute-Loire. Je ne vous ai pas dit non plus que les deux membres de ce duo troquent aussi bien l'un que l'autre de temps à autre le violon pour l'alto, qu'il arrive à Pierre de chanter (tout comme Olivier Durif sur l'autre CD) et que si leur répertoire tire ses sources de bien de noms connus (A. Mouret, M. Péchadre, A. Chabrier, L. Peyrat, L. Jarraud), ce répertoire n'est pas un catalogue de standards du violon corrézien mais renferme de belles trouvailles. (...)
Jean-Luc Matte, musette.free.fr