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La Bergère

« Etreintes »
CD Digifile. Livret 12 pages.

12,00
Liste des plages
1) Enceinte
2) L'aurore du jour
3) Le galant noyé
4) La fille de parmi ces bois
5) Un jour, un jour
6) Mariniers de Loire
7) Sur les quais du Havre
8) Les métamorphoses
9) Le plaisir d'être à table
10) Grand maître de la nuit
Ref. AEPEM 14/01

Sylvie Berger (chant) ; Julien Biget (chant, guitare, bouzouki, claviers) ; Emmanuel Pariselle (chant, accordéon, flûte). Invités :
Gilles Chabenat (vielle) ; Yannick Hardouin (basse).

CD Digifile. Livret 12 pages. Indications des sources et des paroles.
Traditionnel : Nivernais-Morvan, Bourbonnais, Auvergne, Berry, Bretagne, Vendée, Acadie (9 titres pour les paroles, 6 pour les mélodies).
Composition : Sylvie Berger (1 mélodie), Jacques Mayoud (1 mélodie), Jacques Benhaïm (1 titre, paroles et musique).

En coproduction avec Ouvarosa.

Durée 31'03

« Etreintes »

« Il s’agit d’un cercle intime, fort et puissant, tissé par une affection pour les mots et les mélodies : ceux et celles portées depuis des lunes par d’autres bouches, têtues comme les herbes folles crevant l’asphalte des villes.
Le cercle n’est pas grand au regard du reste d’un monde sonore et foisonnant. Mais il est solide, il brille d’implicites liens qui enlacent celles et ceux qui le tressent. Sylvie y respire et y chante, c’est heureux et touchant, gracieux et rassurant. »
Evelyne Girardon (Extrait du livret).
Sylvie Berger, Julien Biget et Emmanuel Pariselle se sont croisés sur les scènes des musiques traditionnelles dans les années 1990 et ont décidé de partager leurs passions communes pour les textes et les mélodies des chansons dites de “tradition orale”, collectées depuis le 19e siècle dans les campagnes françaises. Ce répertoire fort méconnu est le socle du trio.
En rassemblant une collection de chansons traditionnelles, la Bergère chante la chair, ses plaisirs et ses blessures. La poésie dite populaire y est naïve et crue. Ici, les amants confondent déclaration et sentence d’amour, là, les jeunes filles, s’affranchissent de leur innocence, se transcendent, se métamorphosent. Ainsi, “Étreintes”, le troisième opus* de la Bergère, nous plonge dans un univers empreint de ténèbres, de désir et de brutalité. Contes, rêves ou réalité contemporaine ? Faits divers ou faits d’armes fantasmés ? Seule la vraie vie saurait nous le dire.
La Bergère


Site internet www.labergere.net


Revue de presse et témoignages
Tout est bon chez elle, il n'y a rien à jeter
Huit ans d'attente pour ce troisième album du trio réuni autour de Sylvie Berger, et à peine la première écoute achevée qu'une insupportable sensation de manque m'étreint. L'album est comme toujours trop court, mais tellement beau : beauté des mélodies traditionnelles choisies (et pour certaines, étrangeté), ou composées pour deux d'entre elles. Poésie et originalité des textes pour l'essentiel puisés dans le corps de la tradition, efficacité, simplicité et sophistication des arrangements, et complémentarité des voix autour de celle, sensible et inimitable, de Sylvie Berger. Bref, « tout est bon chez elle, il n'y a rien à jeter, sur l'île déserte », comme dit l'ami Georges. Le trio est, comme pour les deux albums précédents, “Ouvarosa” (Le Roseau, 2002) et “Fil de l'eau" (Le Roseau, 2006), formé de Sylvie Berger (chant), Emmanuelle Pariselle (chant, accordéon, flûte) et Julien Biget (chant, guitare, bouzouki, clavier, direction artistique), rejoints pour deux titres par Gilles Chabenat (vielle) et Yannick Hardouin (basse). Un disque incontournable, à placer d'autorité entre toutes les oreilles.
François Saddi, Trad Magazine n°155, mai-juin 2014

Un timbre particulier qui fait si bien ressortir la beauté des chants traditionnels
On adore Sylvie Berger, son timbre particulier qui fait si bien ressortir la beauté des chants traditionnels. Avec Julien Biget (chant, guitare, bouzouki, claviers) et Emmanuel Pariselle (chant, accordéon, flûte) elle forme La Bergère, dont les deux précédents albums datent de 2002 et 2006. Revoici donc de magnifiques complaintes comme "Enceinte" et "Le galant noyé", mais aussi quelques traitements particuliers : “Un jour, un jour" (la belle endormie) et "Les métamorphoses" sont énergisés, “Sur les quais du Havre" a un petit côté blues, tandis que "Le plaisir d'être à table" sonne paradoxalement triste. (...).
Marc Bauduin, Le Canard Folk, avril 2014.

Une voix toujours aussi unique et paradoxale et servie par une belle prise de son
Il y a très peu de temps je m'étonnais de n'avoir jamais eu l'occasion de chroniquer d'album de Sylvie Berger, et en voici un second qui tombe, moins d'un mois après celui des Sylvie(s). En l'écoutant j'avais prévu pas mal de choses à vous écrire mais j'ai eu le tort de lire l'interview du dernier numéro de Trad. Magazine, qui vient juste d'arriver avec La Bergère en couverture et presque tous ces points y figurent, bien mieux énoncés par Sylvie que je ne saurai le faire... Donc si je vous dis que cet album, tout en étant dans la continuité des deux précédents, toujours avec Emmanuel Pariselle au diato et Julien Biget à la guitare, revient à un répertoire beaucoup plus traditionnel, ce qui nous permet de retrouver Sylvie Berger dans un style un peu plus sobre, mais peut-être finalement au moins aussi personnel. Si je vous annonce que les textes de ces traditionnels suivent un thème inépuisable et qui n'a rien de triste avec quelques textes à double sens dont "Sur les quais du Havre", un texte adapté et remis en musique par Sylvie, et dont Evelyne Girardon nous avait déjà offert une belle version sur "Amours du fusain". Si je vous dis que dans leur apparente sobriété, les arrangements sont très fins (quelle belle idée que ces métamorphoses en un dialogue où les deux chantent quasiment tout du long, celui qui prend la parole se contentant de passer devant...). Si je vous dis que la voix de Sylvie est toujours aussi unique et paradoxale et servie par une belle prise de son... Si je vous dis tout cela, il y a de fortes chance que vous le sachiez déjà par cette interview... Peut-être que, finalement, la seule chose de personnel que je peux ajouter c'est que j'ai beau la retourner dans tous les sens, je ne comprends toujours pas le choix des photos de la pochette... et que j'en aurai bien pris quelques plages de plus...
Jean-Luc Matte, musette.free.fr, octobre 2014

De purs chefs d’oeuvre populaires que les paroliers de nos jours auraient du mal à égaler
Bien que nous soyons pas l’estimé Trad magazine, nous aimons, chaque fois que faire se peut, écouter et chroniquer le meilleur de la chanson traditionnelle. Sylvie Berger, dite La Bergère, émarge chaque fois dans la crème du trad’, qu’elle soit dans le cadre d’une formation (Roulez fillettes, Ambrozijn), avec Eric Montbel ou le jazzman Jean-Marc Padovani, ou sous son nom, avec ses habituels complices que sont Julien Biget (guitare, bouzouki, claviers et chant) et Emmanuel Pariselle (diatonique, flûte et chant) [sur ce présent album renforcés par Gilles Chabenat (vielle) et Yannick Hardouin (basse), ces deux derniers faisant partie de la nouvelle formation du groupe Malicorne].
Donc La Bergère. Troisième album après Ouvarosa en 2002 et Fi de l’eau en 2006, troisième superbe production. Dix chansons (pour 31 minutes, c’est peu…) toutes issues de la tradition, de Vendée et du Berry, Nivernais-Morvan, Bourbonnais et Bretagne, Auvergne et Acadie. Toutes sur la thématique de la chair, plaisirs et blessures…
Ça débute par une étonnante chanson, sans détours, sur une jeune couturière enceinte qui ne sait comment elle l’est devenue, n’ayant, le croirez vous, rien senti : dialogue croustillant entre mère et fille. Etreintes passées, présentes ou à venir, ce ne sont que des chansons, d’une crudité qui n’a d’égale que la naïveté, nous parlant d’enfantement, d’infanticide, de l’amant qui s’en va pour six ans au régiment, de celui qu’on met en pénitence, du galant qu’on va noyer, de la belle aimée qu’on va trucider… Rien de vraiment joyeux en fait mais c’est si bien dit, si bien chanté. Les chansons traditionnelles sont comme ces galets que les eaux et le temps ont travaillé : en reste de purs chefs d’oeuvre populaires que les paroliers de nos jours auraient du mal à égaler.
Signalons cette chanson vendéenne, Sur les quais du Havre, rêve maritime où la symbolique sexuelle crève les voiles : « A son joli réveil-le la belle s’est mise à dire / Qu’elle voudrait bien avoir un mât dans son navire. » De quoi, séance tenante, se faire au mieux marin, au pire mousse ! Notons aussi Les métamorphoses, dans la version jadis présentée par La Bamboche, composée de diverses versions, sur le disque Quitte Paris de 1977.
Voix claire, enchanteresse, de Sylvie Berger, qui sait faire dentelle sur les pires atrocités, admirablement et sobrement servie par ses complices musiciens. Il n’y a nul besoin d’être féru de chansons traditionnelles pour apprécier un tel travail : il suffit simplement d’aimer la chanson.
www.nosenchanteurs.eu

Exceptionnel, intense et magnifique !
La dame n'est pas bien haute et sa voix souvent bien fragile. Mais cela n'empêche en rien Sylvie BERGER d'être une géante de la chanson traditionnelle française et d'envoûter doucement les cœurs et les âmes avec son timbre vocal si particulier.
Son premier album au sein de LA BERGÈRE, Ouvarosa, sorti en 2002 avait déjà été un choc, une révélation, un torrent d'émotions. Et déjà ses deux complices étaient à ses côtés, Julien BIGET, guitare, bouzouki, claviers et chant, et Emmanuel PARISELLE, accordéon diatonique, flûte et chant. Car LA BERGÈRE est un trio, qu'on se le dise quoi qu'on en pense. Le deuxième album de la formation, Fil de l’eau, sortie en 2006, ne fit qu'enfoncer le clou et hissa LA BERGÈRE au rang de groupe désormais mythique en son genre.
Et voici maintenant le troisième opus, Étreintes, avec une Sylvie BERGER au sommet de son art, avec les deux mêmes complices toujours aussi extraordinaires sur leurs instruments, et avec même l'étincelant Gilles CHABENAT à la vielle à roue et le somptueux Yannick HARDOUIN à la basse. Étreintes est un album plutôt court, à peine 31 minutes 03 au compteur.
Cependant ce n'est la durée qui importe ici mais la qualité de l'opus. Et là, on est servi, et même royalement. Dix chansons, dix joyaux sans aucun défaut. L'album est sans conteste plus sombre que les précédents mais Sylvie BERGER ne fait en même temps que chanter les paroles de chansons venues d'une époque où les mœurs, notamment sexuelles, étaient encore plus rudes et crues qu'en ce présent moment où la condition des femmes laisse toujours énormément à désirer. Toutefois, Étreintes n'est pas un album de combat ou simplement revendicateur. C'est juste un formidable album, le troisième, d'un groupe extraordinaire. Non, ces chansons ne passeront jamais à la radio ou à la télévision et en encore moins sur les dance-floors. Alors il faut acheter l'album pour en savourer la magie. Exceptionnel, intense et magnifique !
Frédéric Gerchambeau, ethnotempos, décembre 2014