RETOUR AU CATALOGUE

Claude Quintard-Michel Esbelin

« La Bourrée à Régis
Musique d’Auvergne »
CD Digipack. Livret 20 pages.

15,00
Liste des plages
1 Fauvette et pinson (Pierre Ladonne) valse
2 Ma petite bourrée (Jean Vaissade) bourrée
3 La Bourrée d’Escudières (Jean Pons) bourrée
4 L’Inconnue (Pierre Ladonne père) mazurka
5 Le pas du loup (traditionnel) scottisch
6 La Bourrée d’Alleuze (Claude Quintard) bourrée 1’46
7 Lo fillio do l’escloupier (Georges Cantournet) bourrée 1’47
8 La Valse en mineur d’Antoine Bouscatel (traditionnel) valse 2’18
9 Polkas piquées (traditionnel) polkas 2’17
10 La Segonzatoise (Michel Esbelin) bourrée 1’48
11 La Bourrée du Réveil (Michel Esbelin) bourrée 1’47
12 La Tusto Barto (Pierre Ladonne) scottisch 2’03
13 La Montagnarde, Montagnarde de Saint-Nectaire, Montagnarde de Latour (traditionnel) bourrées 2’38
14 Ma Marissou (traditionnel) mazurka 1’43
15 Le Buron du Ché (Michel Esbelin) bourrée 1’45
16 La Bourrée à Régis (René Régis) bourré 1’39
17 La Varsovienne (traditionnel), Plaio Mariano (Pierre Ladonne) mazurkas 1’44
18 La Gastalette, Ami mon bel ami, Rosette se marie, Toujours la vieille crie et La Yoyette (traditionnel) marches
19 Dans mon jardin (traditionnel) valse
20 La Bourrée d’Avèze (Jean Vaissade, Jean Ségurel) bourrée
21 Lou Capelou del Baptistou (Georges Cantournet) bourrée
Ref. AEPEM 15/06

Claude Quintard : accordéon chromatique
Michel Esbelin : cabrette

CD Digipack, livret 20 pages. Indication des sources. Nombreuses illustrations.
Traditionnel : Auvergne (14 titres)
Standards auvergnats : Pierre Ladonne père (1 titre), Pierre Ladonne fils (3 titres) ; Jean Vaissade (2 titres) ; Jean Ségurel (1 titre), Jean Pons (1 titre), Georges Cantournet (2 titre), René Régis (1 titre)
Compositions : Michel Esbelin (3 titres), Claude Quintard (1 titre).

Durée 42'59

Ce CD a obtenu le prix Gus Viseur 2015
« Claude Quintard et Michel Esbelin, c’est une histoire de rencontres. La leur, bien sûr, sous les auspices de deux vrais bougnats parisiens, Cathy et Daniel Vidalenc, anciens tenanciers du Réveil du X°, et, pour Daniel, cabretaïre. Celle de deux milieux que l’amour de cet instrument et de sa musique, au-delà des différences, et, parfois, des antagonismes, ont fini par se rejoindre : Michel, le « folkeux » des années 1980, et Claude, enfant de la balle, lui-même né dans une famille de cafetiers, accordéonistes, cabretaïres – le livret qui accompagne ce disque est un vrai album de famille ! Et c’est bien sûr aussi l’histoire de la rencontre de ces deux instruments, la cabrette et le chromatique, qui a donné naissance à ce style, à cette « musique d’Auvergne ». A travers un répertoire alliant titres traditionnels, titres composés par les grands maîtres anciens, et quelques-uns de leur cru, Claude et Michel ont souhaité rendre hommage aux nombreux musiciens de talent connus ou anonymes qui ont fait la richesse de cette tradition. »
AEPEM


Revue de presse et témoignages
En piste donc !
Accordéon chromatique à fort vibrato et cabrette pour de la musique auvergnate sous forme de bourrées, valses, mazurkas, scottishs et marches. L'ambiance du cru, avec un accordéoniste né dans une famille de cafetiers, accordéonistes et cabretaires, qui a rencontré en 2004 Michelin Esbelin, “folkeux des années 80", cabretaire réputé. Le livret joliment illustré d'anciennes photos raconte l'histoire du duo accordéon-cabrette et nous apprend que René Régis était un accordéoniste dont le nom nous est généralement inconnu -d'où le choix de le mettre en avant. Les danseurs n'auront aucun souci avec ces rythmes bien marqués, principalement traditionnels. En piste donc !
Marc Bauduin, Le Canard folk, octobre 2015

Quatre enregistrements jouent dans la même catégorie
Je suis souvent tenté de faire des chroniques simultanées de deux albums, mais j’évite généralement de le faire car c’est ensuite moins pratique à réutiliser pour les groupes et éditeurs. Je vais faire une grosse exception ici en chroniquant d’un coup quatre albums, soit la production estivale d’AEPEM.
Inutile de préciser que le but n’est surtout pas d’établir un classement et que si je me permets de procéder ainsi c’est, au contraire, parce que ces quatre enregistrements jouent dans la même catégorie, y compris celui d’Emilie Dulieux présenté dans la collection « Roulez Jeunesse »mais qui bénéficie, tout de même, de l’appui du vieux routier qu’est Robert Amyot.
Question expérience, d’ailleurs il y a de quoi faire au sein des différents albums : après Didier Pauvert, Daniel Denécheau, Hervé Capel, Tiennet Simonin et Ludovic Rio (1), Michel Esbelin offre à sa cabrette l’accompagnement de l’accordéon chromatique de Claude Quintard, un musicien assez peu connu dans notre milieu mais sans aucun doute bien davantage dans le milieu auvergnat où, issue d'une famille de musiciens, il joue depuis son enfance. Son style de jeu dénote cette origine et le duo assure une belle cadence. C’est d'ailleurs incontestablement celui des quatre CD qui souffre le moins de l’effet studio et qui vous mettra le plus les fourmis dans les jambes. Est-il encore nécessaire de présenter le style de cabrette de Michel Esbelin ? Toujours en finesse, l’ornementation ne nuisant jamais à la lisibilité de la mélodie, distillant les picotages strictement au besoin et faisant généralement suivre un passage piqué de son homologue plus lié. Un jeu sans esbroufe mais très stylé.
On retrouve d’ailleurs cette économie de moyen chez Fabrice Lenormand aux 20 et 23 pouces au sein de La Perdrix Rouge, mais comme dans ce trio il assure davantage l’accompagnement de la 16 pouces de Philippe Beauger, ceci est moins flagrant que dans ses solos de « Mélodie en sous-sol ».
Si on imagine bien Michel Esbelin et Fabrice Lenormand analysant les ornements des anciens et affinant inlassablement leur jeu dans cet esprit, on a plus de mal à imaginer Philippe Prieur oeuvrant de même et pourtant, à l’écoute le résultat est du même tonneau : des ornements placés sobrement mais toujours à bon escient et toujours au service de la mélodie et de la cadence. Un style qui ne cherche pas à en mettre plein la vue mais qui vise à rendre justice, à valoriser les mélodies jouées, davantage que leur interprète (et comme l'interprète en est également l'auteur cela reste dans la famille !...).
Emilie Dulieux n’en est pas encore à ce stade, mais son jeu est tout à fait propre et bien équilibré. Je l’avais découverte lors du concert de présentation du CD « Mélodie en sous-sol » au Son Continu 2014, visiblement stressée de jouer à l’égale de toutes ces fines lames. Elle est naturellement plus à l’aise ici et, si elle n’a pas le bagage technique et l’aisance des musiciens cités ci-dessus (2), son jeu est tout à fait honorable et elle compense en nous offrant le CD certainement le plus varié des quatre, avec cornemuse en solo, duo voire quartet, violon, parties chantées, nickelharpa, clarinette etc.
Pour en finir avec les gonfleurs de poches, je n’ai pas encore vraiment évoqué Philippe Beauger qui reste pour moi, la bonne surprise de ces enregistrements : un musicien connu de longue date et d’un abord très sympathique mais que je n’avais finalement jamais vraiment eu l’occasion d’écouter jouer autrement qu’en bœuf. L’album de La Perdrix Rouge lui donne l’occasion d’assurer le premier rôle, vielle et grandes cornemuses étant naturellement plus prédisposées aux fonctions d’accompagnement, et il s’avère tout à fait à la hauteur du challenge avec un jeu très propre et expressif. Notons que l’album offre, en dehors des morceaux principalement en trio, pas mal de duos de cornemuses avec passages solo. Je regrette d’ailleurs que Guillaume Bouteloup à la vielle n’intervienne, de son côté, quasiment jamais en solo, son rôle consistant le plus souvent à entrer en troisième dans la danse pour faire monter la sauce tant sur le plan sonore que rythmique.
Si l’on excepte les passage de la 23 à la 20 pouces, le trio utilise une instrumentation des plus stables. Il en va naturellement de même du duo cabrette-accordéon de Michel Esbelin et Claude Quintard, l'usage de plusieurs pieds de cabrette permettant toutefois des changements de tonalité bienvenus pour éviter une certaine monotonie.
J’ai déjà cité la plus grande diversité de l’album d’Emilie Dulieux, reste à évoquer les accompagnateurs de Philippe Prieur car, si la pochette ne mentionne que son nom, il s’agit bien de l’album d’un ensemble (et non pas d’un soliste avec des invités intervenant au hasard des plages) : Philippe Prieur à la grande cornemuse naturellement (20 et 24 pouces), Frédéric Paris qui apporte aux arrangements sa couleur si personnelle, le plus souvent au cistre, parfois à la petite cornemuse (12 pouces), voire à la 20 pouces. Le mixage met ces deux musiciens un peu en avant (surtout si vous écoutez l’album dans des conditions non optimales) et c’est un peu dommage car le concert apéritif donné à Ars à permis à ceux qui ont eu la chance d’y assister, d’apprécier les prestations de Catherine Grimault au violon, de Bertrand Riffault à la basse électrique et, surtout de Jean Gaucher au violoncelle (souvenez vous du violoncelle des Escoliers de St-Genest ou du superbe « Où t'en va tu ? » au sein de la Mère Gaspard en 1992). J’ai regretté de ne pas retrouver tout ce détail sonore sur l’enregistrement avec, par exemple, ces passages ou la basse double parfaitement le violoncelle. Mais visiblement, le groupe a choisi de mettre le jeu de Philippe Prieur en avant… (on attend le live en public avec un mixage rendant davantage le son de groupe et qui ferait un beau complément au présent enregistrement mettant en avant le soliste...)
Côté répertoire, Jean Michel Péru qui veille au grain d’habitude afin de conserver la ligne éditoriale de la collection de l’AEPEM, a dû lâcher un peu de mou et les compositions sont bien plus nombreuses sur les différents albums, le plus traditionnel étant finalement celui d’Emilie. Mais naturellement les compositions sont bien dans l’esprit même si, de ci de là, un chromatisme laisse deviner une origine plus récente. Et sur le CD auvergnat, on relèvera l’usage de la catégorie « standards auvergnats » désignant des mélodies du milieu du XXème siècle, plus vraiment des traditionnels, aux compositeurs connus et souvent déposés auprès de la SACEM mais incontournables au répertoire d’un cabrettaire et qui plus est d'un accordéoniste auvergnat.
Naturellement tout cela est détaillé dans les livrets, toujours bien présentés sur fond d’assiette ancienne de Nevers (3) pour Philippe Prieur et avec tout de même de ma part une petite préférence pour l’originalité de la photo de cabrette-accordéon sur celui de Michel Esbelin (photo-montage de F Wojcik, il n’est pas inutile de le citer...) et les photos un peu plus anciennes à l'intérieur

(1) Et j'en oublie sans doute
(2) En écoutant en détail on relèvera des détachés répétés à l’identique un peu rigides ou des variations également bissées ce qui leur enlève leur spontanéïté apparente.
(3) Si je ne m'abuse car rien n'est précisé sur le livret à ce sujet...
Jean-Luc Matte, http://musette.free.fr/infos.htm, aout 2015

Ce cd a obtenu les Bravos ! de Trad magazine

Le couple cabrette/accordéon chromatique nous offre l’image d’une association instrumentale allant de soi. Cette harmonie musicale a pourtant balbutié ses premiers pas, tant elle fut improbable lors de ses premiers émois représentatifs de la musique auvergnate des bals parisiens vers les années vingt du siècle dernier. Pensez, la cabrette, identitaire de certains terroirs hexagonaux, fricotant avec l’accordéon, émanation technologique fort en vogue en Allemagne et en Italie, nations alors peu appréciées dans la géopolitique de l’époque … Aujourd’hui, dans un contexte apaisé et dans la lignée de musiciens pionniers et défricheurs tels – entre autres - Antoine Bouscatel et de Charles Péguri, les « auvergnats de Paris » Claude Quintard (accordéon) et Michel Esbelin (cabrette) attestent pour leur part depuis maintenant une douzaine d’années de la parfaite complémentarité de ces deux univers sonores. Dans cette production, l’aire de référence des mélodies proposées est essentiellement l’Aubrac (Cantal, Aveyron…), avec des airs puisés dans le répertoire d’anciennes références (Vaissade, Pons, Régis, Cantounet, Relat, Chalvet…), des standards du bal auvergnat et aussi de quelques compositions de notre duo. Claude, par sa rythmique, son style d’interprétation et sa force d’expression exprime au jeu particulièrement représentatif de cette région, auquel l’immersion dans un milieu familial de musiciens n’est manifestement pas étrangère. Michel, une fois de plus, délivre un juste équilibre entre richesse d’ornementation, sobriété des lignes mélodiques, sans frime aucune. Enchaînant les répertoires à danser représentatifs du bal de cette région – avec la bourrée comme fil rouge - l’ensemble, avec complicité, installe une fort belle cadence où le danseur averti discernera à l’écoute un juge de paix qui ne trompe pas : rien qu’à l’écoute, les semelles frémissent…
Alain Bormann TRAD' Magazine n°166

Four fine bagpipe recordings from a central French label which is releasing a lot of great music. Quintard and Esbelin play the music of the Auvergne, one of France's major traditions. Their combination of the warbling cabrette and continental button accordion is very traditional indeed. Bourrées, polkas, waltzes, marches, scottishes and mazurkas pour out with a fine swing, perfect for dancing. Esbelin's fluid piping is impressive, while Quintard's accordion basses provide plenty of rhythm. This duo has a repertoire of attractive tunes, some with unusual melodies, about half composed in living memory, including several by Claude and Michel themselves. The title track is a fine example, an idiosyncratic bourrée, the first part one bar short of a standard measure - typical Auvergnat.
Emilie Dulieux is a young piper on AEPEM's youth label, but despite the budget price this is a first class recording which includes several master musicians as guests. Emilie plays fiddle and sings as well as playing pipes in several pitches. There is also clarinet, keyboards, button accordion, hurdy-gurdy, nickelharpa, and three other pipers on this CD. La Noce du Papillon consists mainly of Emilie's duets with various instruments, plus several pieces on solo pipes. Most of Emilie's music is song melodies, airs, and slower dance tunes, all sweetly played.
La Perdrix Rouge take their name from a game bird, and a tune in its honour. This trio of two pipers and a gurdier make a fabulous noise, still very much the traditional sound of central France, but mainly their own compositions. The playing is delicate and precise - Belle Endormie is a beautiful example, an air by Fabrice Lenormand on solo long pipes. Mirefleurs showcases the shorter musette of Philippe Beauger on his own tune, and the percussive hurdy-gurdy of Guillaume Bouteloup. There are also some excellent pieces chosen from other sources: Patrick Bouffard's Valse Nouvelle, Brigitte Gamba's Barbara, some traditional bourrées, and an Italian waltz of all things.
Philippe Frieur's album is a bit funkier, mostly his own tunes on a musette pipe, lower pitch than usual at 20 and 24 inches, with a whole folk band behind him. Philippe plays some bransles and bourrées, but Joueur de Musette is more about listening than dancing. There are many great tune names here, such as the intriguing La Gravière, the imaginative Bourrées pour Musette en Ré, and the irresistible Guanaja-Fanny. Every one of these four CDs is well worth seeking out - try the website.
© Alex Monaghan