auteur

LAMBERT LOUIS (1835 - 1908)

Collectes menées avec Achille Montel, à l'aide de nombreux collaborateurs, dans l'immense province du Languedoc, mais aussi avec des citations, emprunts ou collectes venant d'Angoumois, d'Aunis et de Saintonge, d'Auvergne et du Velay, du Bourbonnais, du Dauphiné, de Gascogne et de Foix, de Guyenne, du Limousin, de Provence et de Catalogne espagnole.
Professeur de piano puis directeur de l’École Nationale de Musique de Montpellier. Après la maladie et le décès d'Achille Montel, il achève seul ce grand travail de publication (Carreau).
Commentaire Coirault sur Louis Lambert : Figure parmi les « meilleurs » des « collecteurs experts », « bons et heureux collectionneurs » dont « l'abondance, la sincérité, la qualité des textes classent au premier rang leurs recueils de chansons ». (Notre Chanson Folklorique, p. 300.)


Publications
La liste complète de ses travaux a été publiée dans la Revue des Langues romanes, table 64 (1870-1920), p. 57 (Carreau). En ce qui concerne la chanson traditionnelle, il publie :


avec Achille Montel :


- Contes et petites compositions populaires, (Van Gennep dit : Littérature populaire de Languedoc ; petites compositions populaires), dans la Revue des Langues Romanes, IV. Montpellier, 1873, p. 294-320 ; 459-474 ; 558-599 ; t. à p. Montpellier, à la Soc., et Paris, Vieweg, 1873, in-8°, 100 p. Sans musique. Consultable sur Gallica


Chants populaires du Languedoc. Paris, Maisonneuve, 1880. In-8°, XI-388 p., musique. (Paru initialement dans la Revue des langues romanes, 1874-1875, consultable sur Gallica.) Réédité en fac-similé à Marseille, Laffitte, 1975. Recueil consacré aux berceuses et autres chansons destinées aux enfants (Chants du premier âge, Chants pour endormir, Chants pour réveiller, Chants pour apprendre à agir, Chants énumératifs et Petites rondes). Contient 120 mélodies.
Commentaire Van Gennep : « Recueil important ».
Commentaire Coirault :  « Le plus important et le plus considérable recueil folklorique (en dialecte méridional) de chants de nourrice aux petits enfants. Il a aussi (surtout dans la 4e série) des chansons valables pour les grandes personnes (Transformations, Mariage d'oiseaux, etc.). Le tout pourvu de traduction ; commentaires. Les textes avec air sont assez nombreux. Provenances, mode de composition de l'ouvrage et sources apparaissent en gros aux premières pages. C'est le début de la collection continuée par Lambert [n° VNGP 4880 à 81 bis]. » Notre Chanson Folklorique, bibliographie.


puis, après le décès d'Achille Montel :
Chants et chansons populaires du Languedoc. Paris et Leipzig, Welter H, 1906. 2 vol.
Le 1er volume est consacré à des compléments aux Chants populaires du Languedoc (Chants du premier âge, chants pour endormir, chants pour réveiller) et aux jeux, incantations enfantines ainsi qu'aux Rondes. Attention, ce volume n'a pas fait l'objet du reprint de Laffitte. Contient 239 mélodies + 2 propositions de correction.
Consultable sur archive.org
Le 2e volume est consacré à d'autres airs à danser que les Rondes, et à diverses catégories de chansons classées par thèmes (Chansons de printemps, de Mai, Chants d'amour, en rapport avec le mariage, etc...) Réédité. en fac-similé à Marseille, Laffitte, 1983. Contient 202 mélodies.
Consultable sur archive.org


Chants de travail, chants de métier, cris des rues, Revue des Langues romanes, t. LI, 1907-1908, p. 111-142, 448-478, 512-544 ; t. LIII, 1910, p. 5-25 (mus.). Non encore dépouillé.


Chansons pastorales du Midi de la France. Revue des Langues romanes, t. LIV, 1911, p. 5-36 ; t. LV, 1912, p. 5-59 (mus.). Non encore dépouillé.
Commentaire Coirault sur ces trois dernières publications : « Récolte folklorique considérable, faite tant à la campagne qu'à la ville, à l'aide de collaborations diverses (notamment celle de V. Smith). La plupart des airs sont simples, sans fioritures, certains particuliers aux régions méridionales. Après deux copieux volumes la publication s'est poursuivie plusieurs années dans la Revue des langues romanes ; ces pièces sont plus livresques, et le programme de 1906 (I. p. IV) n'a pas, semble-t-il, pu être réalisé entièrement. L'œuvre, d'apparence sincère et correcte, mérite l'estime. » (Notre Chanson folklorique, Bibliographie).


Remarques
Chants populaires du Languedoc. Montel et Lambert indiquent dans leur préface qu'ils sont les directeurs d'un travail collectif mené dans toute la province (ils parlent de près de 100 contributeurs, et en remercient nommément 89 en tête de l'ouvrage). Mais leurs formulations, après chaque chanson, ne permettent pas de distinguer clairement un collecteur d'un informateur direct. Aussi notre propre distinction, si elle essaie de tenir compte de différentes informations éparses dans les deux ouvrages, est-elle bien hasardeuse. Du fait de leur façon d'en parler, on a attribué, sans autre certitude, à Montel et Lambert les collectes faites à Montpellier, sauf bien sûr s'ils indiquent une autre provenance.
De la même manière, le lieu de collecte indiqué n'est pas assurément le lieu où a été collectée la chanson : ce peut être (ce n'est jamais très clair) le lieu d'origine ou de résidence de l'informateur ou du collecteur.
De nombreuses mélodies se terminent étrangement par une barre de fin de répétition, que nous n'avons pas reproduite sauf lorsqu'elle en indiquait évidemment une.


Chants et chansons populaires du Languedoc, volumes 1 et 2.
Les remarques précédentes sur la difficulté de répartir entre collecteurs et informateurs restent valables.
Ce à quoi il faut ajouter d'autres problèmes, concernant les airs à danser contenus dans le volume 2. Tout d'abord leur répartition en trois catégories : Bourrées (à deux temps), Rigaudon et Montagnardes (bourrées à trois temps) pose problème. Lambert dit lui-même : « J'aurais voulu pouvoir donner la description de ces diverses danses, mais je n'ai malheureusement jamais eu la chance de les voir pratiquer dans les pays où elles sont encore en usage. » (page 7).
Si les Rigaudons et les Bourrées à trois temps semblent correspondre à leur répartition géographique attendue : Dauphiné et Vivarais pour les premiers, la zone sud des pays de bourrée pour les deuxièmes : Auvergne, Velay, Gévaudan, Cévennes, Aubrac, Rouergue, Périgord, Limousin, à quelques rares exceptions franchement sudistes (Hérault), il n'en va pas de même pour les bourrées à deux temps dont l'aire présentée ici s'étend de l'Allier à Narbonne et à l'Ariège, en passant par le Gard et l'Hérault, ou encore de la Dordogne à l'Ardèche  – sans parler des deux cas étranges localisés en Charente-Maritime et dans les Hautes-Alpes. Non que l'hypothèse d'une telle extension relève uniquement de la fantaisie (des bourrées à deux temps sont bel et bien attestées dans le comté de Foix, ce que l'on pourrait considérer comme une « butte témoin » d'une ancienne extension très grande), mais elle ne repose ici sur aucune observation. On peut même ajouter, en considérant ce que Lambert dit à propos de son chapitre « danses diverses », que les regroupements en bourrées et montagnardes se sont faits uniquement en considération de la mesure des mélodies, et non selon une indication donnée par l'informateur : « L'absence de notation musicale n'a pas permis de classer les danses qui suivent dans la catégorie à laquelle elles peuvent appartenir. »
Autre problème concernant les textes des airs à danser : Lambert parle de « chants improvisés ou chantés sur un même air » (page 7). Le fait que les textes donnés à la suite d'une seule mélodie sont chantés sur le même air est parfois explicitement indiqué – par exemple pour le chapitre consacré aux montagnardes -, parfois non. Nous l'indiquons alors dans le titre.
Pour la série de montagnardes (XII à XXIX, pages 89 à 97) obéissant à la même mélodie (page 89), Lambert explique, page 94, comment les chanteurs introduisent 1 ou 2 syllabes de plus. Mais les 5 premières mesures qu'il donne pour illustrer ces différences proposent une variante mélodique de ce qui est présenté page 89. Nous proposons donc (sauf pour les paroles qui n'obéissent à aucune découpe syllabique correspondant à ces versions, ce que nous mentionnons) trois versions différentes :
1) la version mélodique indiquée page 89, avec la rectification rythmique indiquée par Lambert sur la 2ème mesure, et répétée par nous à la 6ème. (Monlam02-089 version 1, ou 2, ou 3)
2) La variante mélodique proposée page 94 mais sur les 5 premières mesures uniquement, les autres reprenant la mélodie de la page 89 (Monlam02-089 et 94 version 1-a, ou version 2-a, ou version 3-a).
3) La variante mélodique proposée page 94 complétée par nous sur les mesures suivantes sur le modèle d'une montagnarde publiée par Bouillet (Monlam02-089 et 94 version 1-b, ou version 2-b, ou version 3-b).
Toutes ces propositions ne concernent que la première partie de la mélodie.
Enfin, quant aux Rigaudons, Lambert note (p. 71) : « Le mouvement de rigaudon pendant la première partie, qui comprend huit mesures (ou quatre répétées), est assez modéré ; il devient très vif à la reprise suivante. » Mais la plupart de ceux qu'il publie présentent une première partie à huit (ou six) mesures, répétées. Quant à la deuxième, on trouve souvent un segno au début et à la fin des huit mesures non bissées qui la composent. Est-ce que cela signifie qu'il faut aussi doubler cette partie ? Dans ce cas, pourquoi ne pas utiliser des barres de répétition ? D'autre part, certaines barres de répétition ne sont mentionnées qu'en début de deuxième partie, et pas à la fin. Nous avons donc décidé de doubler ces deuxièmes parties en cas et en cas seulement d'ambiguïté (la présence de segno chez Lambert étant rappelée en début de 2ème partie). Quant au changement de tempo entre les premières et deuxièmes parties, attesté par les enregistrements de collecte des années 1970, nous ne l'avons pas reporté.

Recueils