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Achille Montel (1841-1900).

Archiviste à Montpellier, membre fondateur de la Société pour l'Etude des Langues Romanes. Il publie avec Louis Lambert le premier tome de l'important recueil des Chants populaires du Languedoc. (« Recueil important » – Van Gennep). Atteint de paralysie, il laisse ce dernier achever seul cet ouvrage.

Louis Lambert (1835-1908).

Professeur de piano puis directeur de l'Ecole Nationale de Musique de Montpellier. Il achève le travail commencé avec Montel en publiant Chants et chansons populaires du Languedoc (1906). (« Récolte folklorique considérable, faite tant à la campagne qu'à la ville, à l'aide de collaborations diverses. L'oeuvre, d'apparence sincère et correcte, mérite l'estime » - Patrice Coirault.)
Bien que seul le nom de Louis Lambert figure sur le deuxième ouvrage (paru après la mort de Montel), nous avons considéré ces deux livres comme formant les tomes 1 et 2 d'une même publication.

Collectes recueillies sous la direction de Montel et Lambert dans l'immense province du Languedoc (Ardèche, Ariège, Aude, Gard, Haute-Garonne, Haute-Loire, Hérault, Lozère, Tarn). Mais on y trouve aussi des collectes, inégales par le nombre, provenant aussi bien de Provence (Bouches-du-Rhône), du Comtat Venaissin (Vaucluse), du Dauphiné (Isère et Hautes-Alpes), de Guyenne (en Périgord (Dordogne), et en Rouergue (Aveyron) d'Angoumois et d'Aunis (Charente et Charente maritime), d'Auvergne, du Limousin ou du Bourbonnais (Puy-de-Dôme, Corrèze et Allier) ainsi que, pour une mélodie, de Catalogne espagnole.

Montel (Achille) et Lambert (Louis). Chants populaires du Languedoc. Paris, Maisonneuve, 1880. In-8°, XI-388 p., musique. (Paru initialement dans la Revue des langues romanes, 1874-1875), Réédité. en fac-similé à Marseille, Laffitte, 1975
Recueil consacré aux berceuses et autres chansons destinées aux enfants (Chants du premier âge, Chants pour endormir, Chants pour réveiller, Chants pour apprendre à agir, Chants énumératifs et Petites rondes).
Montel et Lambert indiquent dans leur préface qu'ils sont les directeurs d'un travail collectif mené dans toute la province (ils parlent de près de 100 contributeurs, et en remercient nommément 89 en tête de l'ouvrage). Mais leurs formulations, après chaque chanson, ne permettent pas de distinguer pas clairement un collecteur d'un informateur direct. Aussi notre propre distinction, si elle essaie de tenir compte de différentes informations éparses dans les deux ouvrages, est-elle bien hasardeuse. Du fait de leur façon d'en parler, on a attribué, sans autre certitude, à Montel et Lambert les collectes faites à Montpellier, sauf bien sûr s'ils indiquent une autre provenance.
De la même manière, le lieu de collecte indiqué n'est pas assurément le lieu où a été collectée la chanson : ce peut être (ce n'est jamais très clair) le lieu d'origine ou de résidence de l'informateur ou du collecteur.
De nombreuses mélodies se terminent étrangement par une barre de fin de répétition, que nous n'avons pas reproduite sauf lorsqu'elle en indiquait évidemment une.

Sigles : Monlam01 + N° de la page

Lambert (Louis) Chants et chansons populaires du Languedoc. Paris et Leipzig, Welter H, 1906. Réédité. en fac-similé à Marseille, Laffitte, 1983
Recueil consacré aux Airs à danser, et à diverses catégories de chansons classées par thèmes (Chansons de printemps, de Mai, Chants d'amour, en rapport avec le mariage, etc...).
Les remarques précédentes sur la difficulté de répartir entre collecteurs et informateurs restent valables. Ce à quoi il faut ajouter d'autres problèmes, concernant les airs à danser. Tout d'abord leur répartition en trois catégories : Bourrées (à deux temps), Rigaudon et Montagnardes (bourrées à trois temps) pose problème. Lambert dit lui-même : « J'aurais voulu pouvoir donner la description de ces diverses danses, mais je n'ai malheureusement jamais eu la chance de les voir pratiquer dans les pays où elles sont encore en usage. » (page 7).
Si les Rigaudons et les Bourrées à trois temps semblent correspondre à leur répartition géographique attendue (Dauphiné et Vivarais pour les premiers, la zone sud des pays de bourrée (Auvergne, Velay, Gévaudan, Cévennes, Aubrac, Rouergue, Périgord, Limousin, à quelques rares exceptions franchement sudistes (Hérault), il n'en va pas de même pour les bourrées à deux temps dont l'aire présentée ici s'étend de l'Allier à Narbonne et à l'Ariège, en passant par le Gard et l'Hérault, ou encore de la Dordogne à l'Ardèche – sans parler des deux cas étranges localisés en Charente Maritime et dans les Hautes-Alpes...) Non que l'hypothèse d'une telle extension relève uniquement de la fantaisie (des bourrées à deux temps sont bel et bien attestées dans le comté de Foix, ce que l'on pourrait considérer comme une « butte témoin » d'une ancienne extension très grande), mais elle ne repose ici sur aucune observation. On peut même ajouter, en considérant ce que Lambert dit à propos de son chapitre « danses diverses », que les regroupements en bourrées et montagnardes se sont faits uniquement en considération de la mesure des mélodies, et non selon une indication donnée par l'informateur : « L'absence de notation musicale n'a pas permis de classer les danses qui suivent dans la catégorie à laquelle elles peuvent appartenir. »
Autre problème concernant les textes des airs à danser : Lambert parle de « chants improvisés ou chantés sur un même air » (page 7). Le fait que les textes donnés à la suite d'une seule mélodie sont chantés sur le même air est parfois explicitement indiqué – par exemple pour le chapitre consacré aux montagnardes -, parfois non. Nous l'indiquons alors dans le titre.
Pour la série de montagnardes (XII à XXIX, pages 89 à 97) obéissant à la même mélodie (page 89), Lambert explique, page 94, comment les chanteurs introduisent 1 ou 2 syllabes de plus. Mais les 5 premières mesures qu'il donne pour illustrer ces différences proposent une variante mélodique de ce qui est présenté page 89. Nous proposons donc (sauf pour les paroles qui n'obéissent à aucune découpe syllabique correspondant à ces versions, ce que nous mentionnons) trois versions différentes :
1) la version mélodique indiquée page 89, avec la rectification rythmique indiquée par Lambert sur la 2ème mesure, et répétée par nous à la 6ème. (monlam02-089 version 1, ou 2, ou 3)
2) La variante mélodique proposée page 94 mais sur les 5 premières mesures uniquement, les autres reprenant la mélodie de la page 89 (Monlam02-089 et 94 version1-a, ou version 2-a, ou version 3-a).
3) La variante mélodique proposée page 94 complétée par nous sur les mesures suivantes sur le modèle d'une montagnarde publiée par Bouillet (Monlam02-089 et 94 version1-b, ou version 2-b, ou version 3-b).
Toutes ces propositions ne concernent que la première partie de la mélodie.
Enfin, quant aux Rigaudons, Lambert note (p. 71) : « Le mouvement de rigaudon pendant la première partie, qui comprend huit mesures (ou quatre répétées), est assez modéré ; il devient très vif à la reprise suivante. » Mais la plupart de ceux qu'il publie présentent une première partie à huit (ou six) mesures, répétées. Quant à la deuxième, on trouve souvent un segno au début et à la fin des huit mesures non bissées qui la composent. Est-ce que cela signifie qu'il faut aussi doubler cette partie ? Dans ce cas, pourquoi ne pas utiliser des barres de répétitions ? D'autre part, certaines barres de répétitions ne sont mentionnées qu'en début de deuxième partie, et pas à la fin. Nous avons donc décidé de doubler ces deuxièmes parties en cas et en cas seulement d'ambiguïté (la présence de segno chez Lambert étant rappelée en début de 2ème partie). Quant au changement de tempo entre les premières et deuxièmes parties, attesté par les enregistrements de collecte des années 1970, nous ne l'avons pas reporté.

Sigles : Monlam02 + N° de la page