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Vincent d'Indy (1851-1931).

Collectes dans le Vivarais (Ardèche, et une petite partie de la Haute-Loire) et dans le Vercors (Isère et Drôme), et accessoirement en Normandie (1 chanson publiée). Le compositeur a beaucoup utilisé dans son oeuvre des thèmes empruntés à des chants traditionnels, notamment du Vivarais. Il a aussi procédé à des collectes et à leur publication. Coirault notait que « ses versions folkloriques » paraissent « en général sincères. »
De par son oeuvre très prolifique, et par le jeu de rééditions regroupant divers ouvrages, il n'est pas facile de s'y retrouver dans sa bibliographie (des erreurs semblent entacher plusieurs d'entre elles, notamment celle, sommaire, de Gérard Carreau, qui reprend celle, incomplète et confuse, de Van Gennep. A leur décharge, notons que quelques notices de la Bibliothèque Nationale sont fautives).
D'Indy publie, dans le domaine de la chanson traditionnelle :
En 1892, avec Julien Tiersot : « Chansons populaires recueillies dans le Vivarais et le Vercors » Revue des Traditions Populaires, tome VII, 1892, pp. 1-20, 71-82, 137-146, avec musique, (figure sous le titre « Chansons anecdotiques et chansons d'amour » dans la bibliographie Coirault, édition Bibliothèque Nationale), repris en tiré à part puis sous forme de publication in 8° : Chansons populaires recueillies dans le Vivarais et le Vercors, Paris, Menestrel, 1892, in 8°, 51 p.
Quelques autres chansons (quatre, dont trois avec mélodies) sont publiées dans la RTP en 1888, 1895 et 1900.
En 1900 : Chansons populaires du Vivarais, recueillies et transcrites avec accompagnement de piano par Vincent d'Indy, Op. 52, [Paris, Durand, 1900, in 4°, VIII-161] (La BN ajoute : titre conventionnel : 88 chansons, op. 52)
En 1926 : Six chansons anciennes du Vivarais / Harmonisées et écrites par Vincent d'Indy. Saint-Félicien-en-Vivarais : Au Pigeonnier ; Paris : Maison du Livre français, 1926. Non paginé : ill. ; in-8° (ouvrage non consulté)
En 1930 : Chansons populaires du Vivarais, op. 101 / recueillies et transcrites avec accompagnement de piano par Vincent d'Indy. Durand. Réédité (avec ajout de photos, mais respect de la pagination) par les éditions de la Bouquinerie, Valence, 1992. (La BN indique : titre conventionnel : 50 chansons, op. 101)
Les éditions Durand réimpriment en 1948, en deux volumes, les opus 52 et 101 sous le titre de Chansons populaires du Vivarais (Paris, Durand , 1948 (Paris : A. Mounot) 2 vol. (vii, 161 p.) (ii, 93 p.) 27 cm.
Mais la réimpression de 1965 – celle que nous avons utilisée – quoique mentionnant en couverture 1er volume et 2ème volume, et malgré ce qu'en dit la notice du catalogue CCFR/BNF, ne contient que le 1er. (Paris, Durand, 1965, VII-161 p. mus. 27 cm).

Vincent d'Indy, Chansons populaires du Vivarais, recueillies et transcrites avec accompagnement de Piano par Vincent d'Indy, Op. 52, 1900. (Edition utilisée : Durand & Cie, Paris, 1965.)
Contient 91 mélodies. Comme le remarquait Van Gennep à propos des Chansons populaires recueillies dans le Vivarais et le Vercors, la localisation est insuffisante. Quand elle est indiquée, c'est de manière occasionnelle et parfois indirecte. Les dates de collectage ne sont pas données (elles sont antérieures à 1900, cet ouvrage répondant à une commande du comité départemental de l'Ardèche pour l'Exposition de cette année-là.) Un lieu et quelques dates ont cependant pu être retrouvés dans les publications faites dans la RTP, ce que nous indiquons alors entre parenthèses. D'Indy n'indique pas non plus le nom de ses informateurs, directs ou indirects. Nous mentionnons donc comme collecteur D'Indy sans point d'interrogation lorsque son propos permet de penser qu'il a lui-même recueilli la chanson, avec un point d'interrogation dans les autres cas. Dans sa préface, il cite ses informateurs indirects et remercie quelques-uns des chanteurs qu'il a donc, probablement, dû entendre directement. Ces remerciements peuvent aider à définir la zone de collecte (nous avons respecté la graphie des noms de lieux qu'utilise d'Indy). Auteurs de communications : Mlles Bost, du Pouzin (abondante moisson de pièces de la haute-montagne) ; M. Changea-Blanchon, maire de Flaviac, Camille Coste fils, de Tournon, Delarbre, maire de Gluiras, Louis Fuzier, de la Voulte-sur-Rhône, A. Pavin de Lafarge, conseiller général, J. de la Laurencie, inspecteur des forêts, Eugène Mouline, de Vals, Maurice Nicolas, maire de Joyeuse, Penel, de Tournon, Antoine Ruff, chef d'orchestre à Privas, Reboul, chef de musique des usines Lafarge et G. Bonafous, contrôleur des contributions à Aubenas.
Chanteuses et chanteurs (apparemment informateurs directs de D'Indy ; liste non exhaustive, selon ce qu'il en dit) : Mlles Jeanne Pézilier de Vernoux, et Louise Gache, fermière chez Mme de Lacheysserie, à Lemps, et MM. Sylvain Charlon, de Grozon, Emile Chasson, d'Entraigues, Louis Cluzel, de Gluiras, Gobert, de Présailles (Haute-Loire), L. Gondet, de Vernoux et Reverdy, de Boffres.

Sigles : DindCpV-1 + numéro de la page

Vincent d'Indy : Chansons populaires du Vivarais, recueillies et transcrites avec accompagnement de Piano par Vincent d'Indy, Op. 101, 1930. (Edition utilisée : Editions La Bouquinerie, Valence, 1992).
Contient 50 mélodies (plus une dans l'édition La Bouquinerie : Il s'agit d'un fac similé de la notation manuscrite par d'Indy d'une chanson publiée dans le premier volume : « J'ai pris la clef de mon jardin, N° 3273, DindCpV-1-048, sur laquelle apparaissent de légères différences (N° 3339, DindCpV-2-000np).
Il n'y a aucune indication des informateurs, des dates ou des lieux de collectage. Dans l'introduction de Jean de la Laurencie, il est précisé que « Presque toutes les chansons proviennent des hauts plateaux Vivarois », et qu'elles ont été recueillies par les petites-filles de Vincent d'Indy (Mmes R. de Maulmin, R. de Montjou, F. Merveilleux du Vignaux, nées de la Laurencie, Ctesse J.G. D'Harcourt, née d'Indy), sous le patronage de la belle-fille de d'Indy.

Sigles : DindCpV-2 + numéro de la page

Vincent D'Indy : Chansons publiées dans la Revue des Traditions Populaires.
Quatre chansons y sont publiées, outre bien sûr les chansons publiées en 1892 ( « Chansons anecdotiques et chansons d'amour », voir Chansons populaires recueillies dans le Vivarais et le Vercors). Une est sans musique (La chanson de Renaud, RTP tome XV 1900, p. 318.) Deux proviennent du Vivarais, (N° 3390, Dind RTP 1888-015 et N° 3391, Dind RTP 1888-256) et sont reprises, avec de petites différences de durée de certaines notes – ainsi que, minimes, dans les paroles - dans Chansons populaires du Vivarais (Op. 52) (N° 3250, DindCpV-1-007 et N° 3313, DindCpV-1-120). La troisième vient de Normandie (N° 3392, Dind RTP 1895-636). La Revue des Traditions Populaires est consultable sur Gallica, sauf pour 1892 : Gallica.bnf.fr

Sigles : Dind RTP année + numéro de page

Julien Tiersot et Vincent d'Indy: « Chansons populaires recueillies dans le Vivarais et le Vercors » Revue des Traditions Populaires, tome VII, 1892, pp. 1-20, 71-82, 137-146 (repris sous le même titre, Paris, Heugel, 1892, in-8°, 51 p.).
La version RTP correspond au sigle IndyVV dans le Coirault, la version Heugel au sigle IndyCA. Nous utilisons la pagination de la RTP. Le titre utilisé chez Coirault pour désigner la version RTP (« Chansons anecdotiques et chansons d'amour ») est en fait le titre de la première partie de la publication.
Si cette publication est signée Vincent d'Indy et Julien Tiersot, on pourrait plus justement l'attribuer à Tiersot : en effet, outre qu'il est l'auteur de l'étude et des commentaires qui accompagnent la publication des mélodies et textes recueillies par D'Indy, il en ajoute d'autres, à titre de comparaison, provenant d'autres provinces (1 de l'Uzège, en Languedoc, 2 du Forez, 2 de Franche-Comté, 2 du Dauphiné hors Vercors, et 1 de Haute Bretagne). D'autre part, si Tiersot parle de « la moisson faite par D'Indy », il précise que plusieurs des chansons recueillies dans le Vercors ont été communiquées par Jean de la Laurencie, le gendre de d'Indy (voir à La Laurencie). D'Indy a-t-il collecté aussi dans le Vercors, ou seulement en Vivarais ? 19 chansons sont localisées en Vivarais, dont une communiquée par le Dr Chaussinand, informateur par ailleurs de Montel et Lambert. On peut supposer que les autres l'ont été par D'Indy. Trois chansons sont communes au Vivarais et au Vercors, 7 chansons proviennent uniquement du Vercors, parmi lesquelles 3 sont explicitement attribuées à de Laurencie : les autres aussi ? Si on considère que oui, 21 seraient attribuables à D'Indy. Parmi ces 21, 20, et seulement elles, ont été reprises dans les ouvrages ultérieurs (Chansons populaires du Vivarais, 1 et 2). On peut dès lors supposer qu'en effet ce sont celles-ci qui ont été collectées par D'Indy, celles du Vercors venant de La Laurencie (on a donc noté : « La Laurencie » accompagné d'un « ? » les chansons venant du Vercors sans mention explicite du collecteur.)
Ce qui est remarquable, c'est que, parmi les 20 mélodies reprises ultérieurement (N° 3416, 3417, 3420 à 3424, 3427, 3429, 3432, 3440 à 3450), seulement 2 le sont à l'identique. (2 d'entre elles ont déjà été publiées dans la RTP, elles ne présentent pas de différence ici, mais de petites ultérieurement : 3448 et 2450) Toutes les autres présentent des différences rythmiques et, moins souvent mais non rarement, mélodiques, parfois sensibles. Une telle proportion exclut que ces modifications ultérieures soient des corrections d'erreurs, et semble bien plutôt éclairer le travail de retouche que D'Indy a dû opérer quand il a écrit ses accompagnements de piano. On aurait donc ici, probablement, des versions plus proches de ce qui a été chanté par les informateurs. On notera aussi quelques différences dans les paroles, certaines étant importantes (par exemple les 3429, 3443 et 3445.)
Les lieux et informateurs sont mieux mentionnés que dans les publications ultérieures, mais ne sont pas systématiques. Pour la localisation, Tiersot indique, page 3 : « Les endroits précis  où elles ont été trouvées », soit « pour le plus grand nombre, la campagne des environs de Vernoux (Ardèche), et plus particulièrement la commune de Boffres ; pour quelques autres, les hauts-plateaux du Gerbier-des-Joncs et du Mezenc ; enfin pour celles du Vercors, les communes de la Chapelle en Vercors et de Vassieux. »

Sigles : Dind-Tiers RTP 1892 + Numéro de page.