Joseph Canteloube (Canteloube de Malaret) (1879-1957).
Collectes en Haute-Auvergne (Cantal), Quercy (Lot) et Rouergue (Aveyron) entre 1893 et 1928 – d'après les indications fournies dans la 5ème édition du recueil de « La Bourrée ».
Musicien, ami de et formé par Vincent d'Indy. Outre son oeuvre musicale personnelle, il publie de très nombreuses harmonisations de chants de diverses provinces et de nombreux recueils, dont la célèbre - et décriée pour son absence de sources - Anthologie des Chants Populaires français (Paris, Durand, 1949 puis 1951). Il dirige entre-deux-guerres la publication de l'important recueil de l'association « La Bourrée ».
Parmi les recueils « poly-provinciaux », citons aussi :
Les chants des terroirs français : chansons populaires / recueillies, traduites et harmonisées par J. Canteloube, Paris : Rouart, Lerolle & Cie, 1939.
Les Chants des provinces françaises, Paris, Didier, 1947.
En ce qui concerne l'Auvergne, il publie notamment :
Chants populaires de Haute-Auvergne et du Haut-Quercy. Paris, Alexis Rouart 1907, in 4, 24 p., 2 vol., reimp 1926.
« La danse d'Auvergne », L'Auvergne littéraire 1936, p. 3-24 (L'Auvergne littéraire, artistique et historique, T XIII, 1936).
Bourrées d'Auvergne, harmonisées par J. Canteloube, Rouart et Lerolle, 1939, collection « Les danses populaires », 16 p. (reprend des éléments de la dernière partie du recueil de « La Bourrée »).
Chants d'Auvergne. 5 séries. Recueillis, traduits et harmonisés par Joseph Canteloube. Paris, Heugel, 1955, 38 p.
Enfin, il met au point la musique des 5 éditions du recueil de « La Bourrée », Chants et danses populaires du massif central (5 éditions différentes, entre 1927 et 1935, sl nd ni éditeur pour les 3 premières, sans date, Paris, Pierre Bossuet, pour les 4 et 5èmes éditions.)
Recueil de « La Bourrée », Chants et danses populaires du Massif Central. 5 éditions. Les 4 premières indiquent : « Musique revue et mise au point par Joseph Canteloube ». La 5ème mentionne explicitement Canteloube comme étant le collecteur de la plupart des chansons. Les 4 et 5èmes éditions ajoutent : Ed. Pierre Bossuet, Paris. Aucune n'est datée (entre 1927 et 1935).
Les cinq éditions du recueil de "La Bourrée", société artistique des Originaires du Massif Central, proposent chacune un contenu en partie différent des autres, Le nombre de chansons va en s'accroissant, du moins jusqu'à la 4ème. Mais attention : le détenteur de la dernière édition n'aura pas forcément à sa disposition l'ensemble des chansons éditées par La Bourrée, certaines n'ayant pas été reprises d'une édition à l'autre, et d'autres ayant connu des modifications.
5, ou 4 éditions ?
Aucune édition n'est datée. Nous avons eu accès à quatre d'entre elle. La 5° et la 4° sont signalées en tant que telles, les autres non - nous ne savons donc pas, a priori, laquelle nous manque. La 5ème et la 4ème comptent 126 pages ; les deux autres l'une 48, l'autre 24 seulement : il est probable que celle-ci soit antérieure.
Dans la préface de la 4ème édition (« Le réveil de nos chansons »), datée d'août 29, non reprise dans la 5ème édition, Gandilhon Gens-d'Armes dit à propos des 3 premières éditions : « La première, ce n'était rien ; la second était un peu mince ; la troisième était déjà riche : quarante-quatre chansons, à des milliers d'exemplaires. » Selon cette description (le nombre de chansons), la 3ème édition serait l'édition à 48 pages.
Mais il faut se méfier des procédés littéraires (on voit bien, ici, la mise en oeuvre de la figure de la gradation) : cela ne suffit pas à révoquer une hypothèse selon laquelle les 2 et 3èmes éditions seraient pratiquement semblables. En effet, nous avons eu entre les mains deux exemplaires différents de l'édition à 48 pages : en apparence identiques, ils différaient cependant par quelques détails : dans la mise en page de la table des matières, sur la graphie en oc d'un mot dans une chanson, et sur une petite correction dans une portée. On peut donc faire l'hypothèse que la 3ème édition est un retirage quasiment identique, à quelques petites corrections près, de la 2ème édition. Et donc que l'édition à 24 page serait la première. C'est l'hypothèse que nous avons privilégiée ici -jusqu'à la preuve qu'il existe bel et bien une autre édition différente de celles que nous avons eues en main.
Le contenu musical de chaque édition.
Nous avons donc appelé :
1ère édition l'édition à 24 pages (couverture représentant un berger, revêtu d'un manteau rayé, un bâton épineux à la main, qui semble lancer du geste, de son autre main, un petit chien noir. Le dessin est daté de 1927). Elle contient 19 chansons (ou 20, en incluant un « Chant en l'honneur de Louis Bonnet », sur l'air d'une chanson présente dans le recueil. Dans la suite de notre étude, nous ne tiendrons pas compte de la présence de cette composition) : 12 chansons avec mélodie, toutes reprises à chaque réédition. 6 chansons sans mélodies sont reprises avec mélodie dans la 2 ou 3ème édition. 1 chanson, sans mélodie, ne sera pas reprise ultérieurement.
2 ou 3ème édition les deux éditions à 48 pages (couverture représentant un bouvier chantant, perche sur les épaules, un attelage de deux boeufs derrière lui. Le dessin est daté de 1927). Elles contiennent 44 chansons et 43 mélodies. Elles ajoutent 6 mélodies sur 7 aux chansons qui en étaient dépourvues dans la 1ère édition, et 25 nouvelles chansons. Parmi elles, 6 ne seront pas reprises plus tard : elles ne figurent donc que dans cette édition.
4ème édition la 4ème édition (mention portée sur la page de garde, Editions Pierre Bossuet, sd – datée de 1929 par Delarue-Coirault. La préface de Gandilhon Gens-d'Armes est datée d'août 29. Datation confirmée par le compte-rendu de La Quinzaine Littéraire). Couverture représentant un cabrettaïre assis. Cette édition ajoute 74 chansons à l'édition précédente, mais en retire 6. 22 chansons ne sont pas reprises dans la 5ème édition : parmi elles, 17 ne figurent que dans la 4ème édition.
5ème édition la 5ème édition (mention portée sur la page de garde, Editions Pierre Bossuet, sd – datée de 1935 par Delarue-Coirault et par Van Gennep. Le dessin de couverture occupe la 1ère, la tranche et la 4ème de couverture et représente un cortège de noces mené par un cabrettaïre et un vielleux.) Cette édition supprime 22 chansons de la 4ème édition, et en ajoute 17 (qui ne figurent donc que dans cette dernière édition). Attention : la table des matières par ordre alphabétique des titres de cette édition est fautive (incomplète).
Il y a donc en tout 135 chansons (non compris celle en l'honneur de Louis Bonnet). Parmi elle, une l'est sans mélodie, ce qui fait donc 134 mélodies différentes. Ce à quoi il faut ajouter 9 chansons connaissant des modifications ou des variantes musicales (parfois importantes) d'une édition à l'autre, soit 143 mélodies en tout.
Autres différences et fonction des recueils
On a noté pour chaque chanson la présence de différences dans les paroles : celles-ci peuvent aller de simples différences de transcription du parler d'oc, jusqu'à des différences plus importantes : ajout de couplets ou, pour la 5ème édition, au contraire, suppression de certains couplets plus ou moins « crus ». On ne peut comprendre vraiment cette pudibonderie – et au-delà, ce que sont vraiment ces recueils, si l'on ne prend pas en compte leur fonction : ils sont très clairement destinés à alimenter la chorale de l'association « La Bourrée » (ainsi, à chaque édition, sont présentées les démarches pratiques nécessaires pour l'intégrer) et ne se veulent, ou ne se présentent pas comme des recueils de « collectage ».
Une dimension ethnographique tardive.
Ce n'est qu'à la dernière édition que s'ajoute, sur le tard, une volonté ethnographique, qui n'est peut-être que la volonté de Canteloube de se voir reconnaître son travail de collecte. En effet, seule la cinquième édition porte mention, le plus souvent, du lieu et de la date de la collecte, ainsi que du nom de l'informateur. Ces informations figureront donc dans notre base de données entre parenthèses pour les éditions précédentes. La majeure partie de la collecte vient d'Auvergne (14 communes du Cantal), et du Quercy (8 communes du Lot), un peu du Rouergue (3 communes de l'Aveyron). La plupart des collectes sont datées d'entre 1900 et 1912 (2 avant 1900), une seconde campagne datant elle des années 1926 et 1928.
Patrice Coirault n'a utilisé que les 4 et 5èmes éditions : l'attribution d'un numéro de son inventaire aux chansons qui n'apparaissent que dans la 2 ou 3ème édition est de notre fait, sous couvert de vérification (numéro indiqué entre parenthèses).
Présentation des mélodies
Nous avons présenté chaque édition en tant que telle, une même mélodie portant un sigle différent selon l'édition (par exemple la même mélodie s'appelle LaBou1-010 dans la 1ère édition, LaBou2ou3-013 dans la 2 ou 3ème édition, LaBou4-051 dans la 4ème et LaBou5-091 dans la 5ème, selon sa place dans chaque édition), mais le numéro d'ordre (le numéro de la mélodie), lui, est le même (3472 dans notre exemple). L'ordre de présentation ne suit donc pas ce numéro d'ordre, mais obéit quand même à l'ordre d'apparition dans chaque édition grâce au sigle.
L'ensemble constitué par les différentes éditions du recueil de la Bourrée présente 143 mélodies différentes, numérotées de 3466 à 3608.
Recueil de « La Bourrée », Chants populaires du Massif Central, 1ère édition, sl nd (1927 d'après le dessin de couverture), 24 pages.
Sigles : Labou1- + N° de page
Recueil de « La Bourrée », Chants et danses populaires du Massif Central, 2 ou 3ème édition, sl nd (1927 d'après le dessin de couverture), 48 pages.
Sigles : Labou2ou3- + N° de page
Recueil de « La Bourrée », Chants et danses populaires du Massif Central, 4ème édition, Paris, éd. Pierre Bossuet, sd (1929), 126 pages.
Sigles : Labou4- + N° de page
Recueil de « La Bourrée », Chants et danses populaires du Massif Central, 5ème édition, Paris, éd. Pierre Bossuet, sd (1935 d'après Coirault), 126 pages.
Sigles : Labou5- + N° de page


